Le "Norse Wind" du géant belge Deme a été baptisé mercredi à Oslo, en présence du couple royal
Le navire d'installation d'éoliennes offshore, que l'entreprise Deme a racheté aux Norvégiens, partira vendredi pour l'Allemagne où il y installera ses premières turbines. Le roi Philippe et la reine Mathilde, en visite d'État en Norvège, ont assisté mercredi à son inauguration.

- Publié le 25-03-2026 à 18h09

Le bâtiment est impressionnant, l'intérieur du navire encore davantage. Ce mercredi, à Oslo, le couple royal belge, en visite d'État en Norvège jusqu'à jeudi soir, est monté dans la dernière acquisition en date du géant belge Deme… Norse Wind. Ce navire d'installation d'éoliennes de nouvelle génération en mer du Nord a en fait été construit par les Chinois, racheté par les Norvégiens qui, eux-mêmes, ont décidé de le revendre à Deme.
Le dragueur belge est en effet devenu le champion du monde de l'éolien offshore, notamment depuis qu'il a racheté en avril 2025 la société norvégienne Havfram, spécialisée dans le transport et l'installation d'équipements pour le secteur éolien offshore. Basé à Zwijndrecht, Deme a commencé à installer ses premières éoliennes offshore il y a vingt ans. Aujourd'hui, les activités offshore du groupe représentent plus de la moitié de son chiffre d'affaires annuel de 4,2 milliards d'euros.
Une reprise pour 900 millions d'euros
Comptez ici quelque 900 millions d'euros pour le budget de cette reprise… À cette occasion, Deme a fait non seulement l'acquisition de "Norse Wind" mais également de son jumeau Norse Energi, actuellement en route vers la Norvège. Pour ces deux navires, le carnet de commandes de Deme est plein jusqu'à 2029, assurait mercredi à La Libre le CEO de l'entreprise, Luc Vandenbulcke.
Chaque navire peut contenir à son bord jusqu'à six turbines de 15 à 20 mégawatts par voyage. Ces éoliennes de nouvelle génération atteignent des rotors de 300 mètres de diamètre et des monopieux par des fonds de 70 mètres. Une grue gigantesque peut atteindre 180 mètres de hauteur pour mettre en place les turbines. Mercredi, à Oslo, Norse Wind a été baptisé en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde de Belgique, manifestement très intéressés par les ambitions de Deme en matière d'énergie renouvelable.
Trump est contre le renouvelable, ce n'est pas neuf. Je suis convaincu au contraire que l'éolien offshore est l'avenir, et qu'il va créer des emplois".
Des emplois à créer
Il faut dire que le contexte géopolitique du moment, notamment avec la guerre au Moyen-Orient, pousse la Belgique et son partenaire norvégien à renforcer leur expertise en mer du Nord en faisant un hub commun pour les énergies renouvelables. "L'énergie éolienne offshore doit devenir un élément clé de la transition verte en Europe", déclarait mercredi le CEO Luc Vandenbulcke. Une manière de couper l'herbe sous le pied au discours du président américain Donald Trump et à son Drill, baby, drill (littéralement, Fore, bébé, fore) qui plaide pour un forage pétrolier et gazier massif et sans contraintes. "Trump est contre le renouvelable, ce n'est pas neuf. Je suis convaincu au contraire que l'éolien offshore est l'avenir, et qu'il va créer des emplois", poursuit le patron de Deme qui rappelle que 15 000 personnes sont actuellement actives dans l'offshore en Belgique.
À ce propos, le Norse Wind va-t-il prochainement installer des éoliennes géantes en Belgique ? "Ce n'est pas pour tout de suite", concède M. Vandenbulcke. Le navire partira d'abord en Allemagne pour y installer ses premières turbines. Le départ est prévu ce vendredi.
