Immobilier: voici les plus fortes hausses et baisses de prix en Wallonie et à Bruxelles
Les hausses et baisses des prix signifient que les communes sont plus ou moins recherchées.
- Publié le 25-03-2021 à 13h49
- Mis à jour le 25-03-2021 à 18h31

Libre Immo | Le dossier
Connaître le prix d'une maison à Namur ou à Tournai, c'est déjà pas mal. Toutefois, en affinant l'analyse selon les codes postaux, on augmente ses chances d'atteindre un prix plus précis. Il y a en effet 262 communes en Wallonie, mais quelque 400 codes postaux rassemblant environ 1 400 anciennes entités communales.
Fednot a fait l'exercice pour "La Libre Immo" et a réussi à donner un prix médian à quelque 1 300 entités. Soit à une quinzaine des 25 entités de Namur, par exemple, et à une vingtaine des 30 entités de Tournai. Liège est pas mal loti non plus, tout comme Mons, Ath et, surtout Charleroi ! C'est qu'il fallait un minimum de ventes pour offrir un prix médian.
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Ces évolutions qui en disent tant
"C'est plus ciblé, mais ce n'est pas la solution magique", tempère Renaud Grégoire, porte-parole de Fednot, par ailleurs notaire à Wanze (Huy), qui évoque le fait que telle ancienne commune peut être seule à porter son code postal alors que d'autres sont quatre ou six à s'en partager un, ce qui signifie qu'elles ont le même prix médian. "Mais c'est mieux que rien", sourit-il. "Embourg (code postal 4053), qui, tout comme Vaux-sous-Chèvremont (4051), fait partie de la commune de Chaudfontaine, est bien plus chère que sa colistière. Travailler par codes postaux permet de visualiser les différences." Mais pas dans tous les cas. Ainsi, à Namur, non moins de sept anciennes communes ont le même code postal (5020) : Champion, Daussoulx, Flawinne, Malonne, Suarlée, Temploux et Vedrin.

"Il n'empêche", ajoute le notaire, "plus l'échantillon est petit, plus il est aléatoire et moins il est significatif." Raison pour laquelle, dans le cadre de leur semaine immobilière (du 22 au 26 février 2021), les notaires des provinces et arrondissements wallons ont surtout essayé, sur base de leurs statistiques et de leur ressenti, d'épingler les quartiers les plus recherchés ; pour leur style, leur bâti, leur environnement, leurs prix de vente. "Cela permet de voir, sans trop se tromper, les quartiers qui sont tendance. Ce sont ceux-là qui présentent, normalement, les plus fortes hausses de prix. À l'inverse, les quartiers peu recherchés, parce que trop chers ou moins avenants, présentent de plus faibles évolutions de prix."
Et de pointer l'exemple de la Région bruxelloise où sont devenues très tendance l'an dernier Uccle (+21,1 %), Saint-Gilles (+19,3 %) ou Neder-over-Hembeek (+17,6 %), laissant Ixelles (-5,5 %), Saint-Josse-ten-Noode (-3,1 %) ou Jette (+0,5 %) sur le carreau. "Watermael-Boitsfort", prend-il encore pour exemple, "est une bonne commune, mais présente rarement des bouleversements. Les prix sont à la hausse, mais pas beaucoup plus qu'ailleurs. Par contre il y a peu de risques qu'ils s'inversent." Non sans préciser qu'une grosse augmentation de prix peut aussi venir d'un épiphénomène comme la mise en vente d'une promotion neuve. "C'est un travail d'orfèvre de savoir ce qui s'est passé", ajoute Renaud Grégoire, "que chaque notaire peut faire pour les communes qui le concernent."

Les campagnes se sont reprises
Bruxelles n'est pas seule bénéficiaire de ce phénomène d'amour-désamour. Celui-ci vaut pour d'autres régions. Mais une crise comme celle du Covid l'a fameusement bousculé. "Retour à la campagne, télétravail et donc acceptation dans le chef des candidats de s'éloigner davantage des centres urbains, voire des axes autoroutiers, ont modifié le regard porté sur certaines entités ou quartiers", ajoute Renaud Grégoire. "Jusqu'en 2019, les prix plafonnaient. Depuis, tout s'est vendu et tout se vend. On est dans un marché tendu avec moins d'offres que de demandes et une pression sur les prix. Ce qui est recherché va être de plus en plus cher. Ce qui l'est moins sera en recul."
Et cela va durer, selon le notaire. "Le retour en ville s'est arrêté et j'ai le sentiment que ce n'est pas éphémère, que cela ne va pas reprendre de sitôt. Il y a un intérêt manifeste pour les périphéries et pour les campagnes", dit-il. Des zones, économiquement et environnementalement plus favorables (calme, verdure, espaces) vont tirer leur épingle du jeu, hausse sensible des prix à la clé. "D'autant que dans certains centres urbains, les prix sont devenus trop élevés pour les jeunes ménages ou les célibataires."
Papa, maman avant l'accessibilité
Au point de bouleverser la traditionnelle distinction Nord/Sud qui veut que les communes au sud d'une cité wallonne sont plus bourgeoises, plus aérées, plus recherchées que celles du nord accueillant davantage de navetteurs travaillant à Bruxelles, peu désireux de devoir traverser la ville pour s'y rendre : Wépion, Jambes et Erpent d'un côté, dans le cas de Namur, Champion ou Bouge de l'autre. "Les axes vers Bruxelles, au premier rang desquels l'E411, sont et restent déterminants pour l'ensemble du Brabant wallon, mais aussi au-delà, vers Ath (A8), Charleroi, Mons (E42)… C'est un moteur", conclut Me Grégoire. Mais moins fort que… les parents. Dans les critères de sélection d'un terrain à bâtir ou d'une maison dans le chef des jeunes ménages qu'il accueille dans son étude, l'accessibilité au travail arrive juste après la proximité des parents. Ce sera d'autant plus vrai avec le télétravail. L'an prochain, une autre carte des prix se fera peut-être jour.