Bernard Delvaux, nouveau CEO du groupe Etex : "Mon rôle est d'aligner les énergies"
Le nouveau CEO du groupe Etex, Bernard Delvaux, ex-patron de la Sonaca, entend continuer à conduire l'entreprise sur la voie de la croissance.
- Publié le 08-03-2022 à 12h24
- Mis à jour le 08-03-2022 à 12h29

Libre Immo |
C'est dans le bassin sidérurgique de Seraing que Bernard Delvaux grandit. Il y réside 32 ans, avant de déménager non loin de là, à Neupré. Ingénieur civil diplômé de l'Université de Liège, par ailleurs détendeur d'un MBA de l'Insead à Fontainebleau, il démarre sa carrière en 1989 comme responsable des opérations d'usine chez Cockerill Sambre (Marchin). En 1994, il devient consultant pour McKinsey Company.
En 1998, il rejoint Belgacom en tant que directeur général client Installation Maintenance et membre du comité de direction du groupe, "au moment où les GSM s'imposaient un peu partout", avant de devenir Executive Vice President Advanced Division Network Services. Il participe à la transformation de l'entreprise puis rejoint La Poste en 2004 en tant que directeur du courrier et membre du comité exécutif, et, en 2008, directeur du courrier et des colis. "80 % du personnel était sous [sa] responsabilité" de n° 2 de l'entreprise, soit plus de 20 000 personnes. Repéré par un chasseur de têtes du ministre Marcourt, il devient, en 2008, CEO du groupe belge de construction aéronautique Sonaca, alors en grande difficulté financière. Il dirige, en 2017, l'acquisition et l'intégration réussies de LMI Aéronautique.
Après 13 ans de contribution au redressement et à l'expansion du groupe, Bernard Delvaux prend la tête, dès le 1er septembre 2021, du groupe de matériaux de construction belge Etex. Fort de plus de 30 ans d'expérience acquise dans l'aérospatial, les secteurs de la poste, des télécommunications, du conseil et de la fabrication, le CEO se considère comme "un manager classique tout terrain", avec pour fil rouge : l'amélioration, la transformation, et la performance d'une société. "J'ai retrouvé chez Etex la même dimension internationale, complexité technologique et diversité qu'à la Sonaca", confie-t-il. "Chaque entreprise a besoin d'un certain manager, à un certain moment", affirme celui qui se qualifie comme un patron assez transparent," qui fait confiance", et dont le rôle est "de révéler et d'aligner les énergies."
Des maisons pour les sinistrés
Groupe familial né en 1905, "Etex propose des produits de qualité, durables, moins impactants en CO2 que nos compétiteurs, recyclables et de circuits courts", souligne le CEO. Car "la construction représente une empreinte carbone de 40 %" qu'il faut réduire.
Actif à l'international, Etex développe de plus en plus de solutions 2D et 3D pour le bâtiment modulaire préfabriqué "qui intègrent nos produits." Le groupe a ainsi acquis ces dernières années neuf entreprises parmi lesquelles la société française e-Loft qui répond au marché croissant de la construction de logements hors site. "Travailler en usine permet une efficacité globale supérieure, sans les contraintes météo, ou les nuisances sonores ou visuelles d'un chantier."
Etex vient de fournir gracieusement trois maisons modulaires, inaugurées ce 1er mars à Rochefort, pour des ménages touchés par les inondations de juillet 2021. D'une superficie de 85m² (un étage, trois chambres et deux salles de bains), en ossature bois, elles sont garanties 50 ans. "Ces habitations sont conçues en deux semaines en usine. Elles sont ensuite transportées par camion. Il faut entre 48 et 72 heures pour les assembler sur le chantier. Elles ont une durée de vie aussi longue qu'une maison traditionnelle et présentent de bonnes performances acoustiques et thermiques."
Deux autres maisons seront prochainement offertes à Pepinster. "Ce nouveau type de constructions modulaires est appelé à se multiplier dans le futur pour répondre non seulement aux urgences, comme ici, mais aussi aux besoins et tendances du secteur de l'habitat (manque de main-d'œuvre qualifiée, pénurie de certains matériaux, nouvelles règles environnementales…). Cette approche réduit aussi les déchets et les dépenses d'énergie de 85 % par rapport à d'autres constructions classiques", conclut le CEO.
