Plus encore que dans la vente, Zapinvest se positionne dans l'après-vente
Libre Immo | Un Belgique-Espagne en ligne directe, sans l'intermédiation d'agences immobilières locales. Tel était le souhait de David Zapico pour répondre à la demande de candidats acquéreurs belges sur la Costa del Sol et la Costa Blanca.

- Publié le 29-06-2024 à 10h31

Le marché immobilier espagnol est sans nul doute celui qui a le plus souffert de la crise des subprimes américains et de l'onde de choc financière qui l'a talonnée. Il s'est tout bonnement arrêté. Totalement.
Il faut dire qu'il était déjà arrivé à un point de non-retour : de 2000 à 2007, l'Espagne a carburé au béton des promoteurs ; en 2004, 700 000 logements ont été construits, plus qu'en France et en Grande-Bretagne réunies ; en 2008, des centaines de milliers d'appartements finis, en phase de finalisation ou en cours de construction restaient désespérément vides. Une situation qui ne pouvait qu'augurer de bonnes affaires.
Encore fallait-il oser s'y aventurer. Surtout avec un autre objectif que celui d'acquérir soi-même un bien. "J'avais fait le pari d'amener des Belges en Espagne, qui pouvaient être arrêtés par la barrière de la langue, et de leur faire profiter autant des prix bas de l'immobilier que de ceux, tout aussi bas, du coût de la vie", raconte David Zapico (42 ans), fondateur de l'agence immobilière Zapinvest.
Son premier tour d'horizon, il le fait en 2008. Mais n'organise un premier voyage sur place qu'en 2010. "J'ai laissé mon projet deux ans au frigo. Je n'avais pas droit à l'erreur. Mon business plan ne m'autorisait qu'un potentiel de quatre à cinq voyages." En 2012, un premier bureau est installé dans la péninsule ibérique.
Six agences et autant de filiales
Quinze ans plus tard, force est de constater que son pari est plus que réussi. Zapinvest est un véritable groupe comptant six agences – deux camps de base en Espagne, à Manilva sur la Costa del Sol et à Alicante sur la Costa Blanca, et trois points de ralliement en Belgique, à Liège, Namur et Nivelles – et autant de filiales dans de multiples domaines mais toujours liés à l'immobilier. "Très vite j'ai compris que les clients avaient besoin d'une structure, d'un service, d'un accompagnement." C'est d'ailleurs moins dans la vente qu'il constate son succès que dans l'après-vente. "On emploie plus de collaborateurs dans l'après-vente – locations saisonnières (au sein de Zap Holiday), gestion et travaux (Zap Zen), aménagements et décoration (Zap Design), avantages clients (via l'application Zap Privilège), location d'un bateau (The Boat Company), assurance (au titre d'agent Allianz) – que dans la vente proprement dite (Zapinvest et S4les)", s'enthousiasme-t-il. Au point d'avoir quasiment créé une communauté Zapinvest qu'il réunit épisodiquement lors d'événements sportifs ou festifs.
Chaque filiale a sa propre direction et ses propres troupes. Soit, au total, une petite cinquantaine de personnes, huit en Belgique, 43 en Espagne, dont 35 sur la Costa del Sol où ses activités et services sont plus développés. "Officiellement, on est actif sur les 60 kilomètres qui séparent Malaga de Sotogrande mais 95 % de nos activités se font sur 25 kilomètres, entre Estepona et Sotogrande. La région est plus vallonnée. Historique et davantage préservée. Les stations y ont vu arriver promoteurs et investisseurs plus tardivement, dans les années 1980 plutôt que dans les années 1960. Le parc immobilier est plus récent et moins imposant (rez +2)." Le groupe occupe d'ailleurs déjà quatre rez commerciaux mitoyens sur le pourtour du petit port de la Duquesa à Manilva et lorgne deux autres attenants.
"Nos meilleures années ont été signées à partir de 2018. L'année 2021 a supplanté 2019 ; 2022 et 2023 ont été extraordinaires ; et 2024 semble être bien partie pour afficher d'aussi probants résultats."
En binôme et en équipe
Mais si David Zapico convient qu'il est un peu le chef d'orchestre de la stratégie du groupe, il n'est plus seul à la barre.
Quand il est allé prospecter le marché espagnol en 2008, il était triplement armé. De sa langue maternelle, celle héritée de ses quatre grands-parents ayant émigré en Belgique ; du profil professionnel, ses études de tourisme l'ayant mené dans la section "village de vacances" puis dans le département immobilier du groupe de construction belge Lamy ; et, surtout, de son premier employé qui deviendra son associé en 2018, Jonathan Buchet. "Nous sommes un véritable binôme, sourit David Zapico. Lui dans les chiffres et le marketing. Moi dans la gestion du personnel et la gestion commerciale." Jusqu'à il y a peu, il aurait pu ajouter : "Lui, en Belgique; moi, en Espagne." Mais s'il est vrai qu'il s'est bien installé avec sa famille en 2018 à Manilva, depuis 2023, son associé a fait de même. Pas du côté d'Alicante mais à Minorque. Sans pour autant y avoir des idées d'expansion géographique…
