Ces investissements qui permettent de réveiller votre épargne
Vous avez une épargne qui sommeille et ne vous rapporte rien ?
- Publié le 24-04-2022 à 09h56

Les investissements permettent de réveiller votre épargne mais tous ne s'adressent pas à tout le monde.
Investir dans la brique à partir de 500 euros
L'immobilier est assurément le secteur le plus prolifique des plateformes de crowdlending. Chez BeeBonds, il y a en moyenne 20 levées de fonds par an liées à un projet immobilier. "Deux par mois, hormis en été" , confirme Joël Duysan, son CEO.
Le principe est simple, et comparable aux prêts dits "mezzanines" ou "family&friends" que les plateformes ont institutionnalisées avec l'aval de la FSMA. "Pour lancer une opération immobilière, les banques exigent en moyenne 25 % de fonds propres de la part du promoteur, détaille Joël Duysan. Quand il s'agit d'opérations de moyenne envergure, comptant plusieurs appartements ou maisons et représentant un investissement de 8 à 10 millions d'euros par exemple, cela signifie que les initiateurs doivent amener 2 à 2,5 millions d'euros, qu'ils n'ont pas toujours. D'où cet appel à l'épargne publique dans le cadre d'un crowdlending. Non pour l'entièreté de la somme mais au titre de complément." Ces dernières années, les offres immobilières de BeeBonds tournent autour d'un million d'euros (entre 600 000 et 1,5 million) et sont placées en… deux à trois minutes. "Les gens se battent pour investir. On aspire dès lors à avoir des projets plus importants et plus nombreux."
1. À qui s'adresse ce type d'investissement ?
"Cet investissement s'adresse à tous les citoyens et personnes morales qui ont envie de diversifier leurs placements, ainsi qu'aux investisseurs publics" , répond le CEO de BeeBonds. Sachant que la mise de départ est de seulement 500 euros, le cercle est très large. "On s'est rendu compte que rien n'est proposé à ceux qui ont une petite épargne. Avec 500 euros, on peut toucher une clientèle qui ne désire pas investir en Bourse. Et on peut l'emmener sur quelque chose qu'elle comprend : l'immobilier. Car ce qu'on propose, c'est vraiment de la brique financière : les investisseurs ont de l'immobilier mais ne doivent pas se préoccuper de locataires, d'entretien…" BeeBonds planche d'ailleurs sur des projets dont la mise de départ serait de 100 euros. Mais il ne s'agirait alors pas de projets immobiliers.
2. Quels sont les risques ?
Le risque principal, c'est que le bien nouvellement développé ne soit pas entièrement vendu ou pas au prix escompté au départ. De quoi diminuer la marge de 15 à 20 % que s'octroie le promoteur pour réaliser le projet et sa capacité de remboursement. Un risque peut-être accru en cette période de boom des prix des matériaux de construction et de guerre en Ukraine. Le risque que le développeur fasse faillite est également pointé par la plateforme, mais il est couvert par la Loi Breyne. Avec ceci que la plateforme analyse précisément les projets qu'on lui soumet, vérifie leur faisabilité, s'assure que les prix demandés sont réalistes et impose trois conditions. "On veut que le promoteur soit personnellement impliqué, insiste Joël Duysan. Il doit apporter lui-même un quart des fonds propres exigés par la banque. Il faut, par ailleurs, qu'il ait un crédit bancaire ; le fait qu'une banque se lance, c'est rassurant. Enfin, il faut que le permis d'urbanisme soit obtenu, purgé de tout recours."
3. Quels sont les rendements ?
Les rendements d'un prêt immobilier chez BeeBonds s'échelonnent entre 6 et 9 % l'an selon les garanties proposées et les marges que les promoteurs peuvent s'octroyer, pour une moyenne de 8 % bruts. La durée du prêt se situe entre 3 et 5 ans. "Pour nous, l'idéal est de quatre ans, car c'est le temps nécessaire pour lancer la promotion et la vendre" , conclut Joël Duysan. Si le ticket de départ est de 500 euros, la moyenne tourne autour des 12 000 euros par investisseur.
Gagner de l'argent en finançant la croissance de nos PME
Vous avez une épargne qui sommeille et ne vous rapporte rien ? Et pourquoi n'investiriez-vous pas dans le financement de la croissance de nos PME ? Ces dernières années, certaines plateformes de crowdlending ont affiché de belles croissances. C'est notamment le cas du Belge Look&Fin. Il faut que dire que la Belgique est une terre de PME par excellence et que leurs besoins de financements ont encore été renforcés par les effets de la crise sanitaire et les conséquences de la guerre en Ukraine.
La mise en place, il y a quelques années, d'un cadre légal avec le "prêt coup de pouce" en Wallonie et "Proxi" à Bruxelles a par ailleurs réduit le coût du financement pour les PME (à partir de 1,5 %) et offert un incitant fiscal aux prêteurs. "Depuis la création de Look&Fin en juin 2012, il y a eu des financements à hauteur de 160 millions d'euros. En avril, nous devrions lever pour les PME entre 7 et 10 millions d'euros. Sur les seuls 12 derniers mois, 50 millions d'euros ont été levés et notre objectif est d'atteindre le cap des 100 millions de financements cette année. Il y a donc une vraie phase d'accélération de nos activités" , explique Frédéric Levy Morelle, fondateur et administrateur délégué de Look&Fin qui compte une "communauté active" de 50 000 membres.
1. À qui s'adresse ce type d'investissement ?
"Notre offre se veut très accessible. Il n'y a ni frais d'entrée, ni frais de sortie, ni frais de gestion. Nos produits s'adressent à un panel d'investisseurs très large, de ceux qui ne souhaitent investir que quelques centaines d'euros jusqu'à des investisseurs plus pointus et avertis qui peuvent mobiliser plusieurs millions d'euros. Chez nous, l'investisseur médian a une trentaine de dossiers d'investissement dans son portefeuille pour une valeur de 30 000 à 50 000 euros" , poursuit le patron de Look&Fin. Des prêts aux PME qui ont une durée de un à cinq ans, dans la grande majorité plutôt deux ou trois ans.
2. Quels sont les risques ?
Selon les dirigeants de Look&Fin, les risques pour le prêteur est relativement limité. Le taux de défaut des PME est ainsi inférieur à 3 %. "Nous avons des prêts de type A, B et C. Dans les cas de prêts de type A, les moins risqués, il y a un mécanisme d'assurance et de garantie du capital en cas de défaillance de l'émetteur. Dans les prêts de type B, la garantie est partielle et porte sur 30 à 40 % du prêt. Et, enfin, dans les produits de type C, les plus risqués, il y a peu ou pas de garanties" , précise encore Frédéric Levy Morelle.
3. Quels sont les rendements ?
Le rendement, assuré par le versement d'une rente mensuelle à l'investisseur et à terme par le remboursement du capital, est évidemment fonction du risque assumé. Il sera, selon Look&Fin, de l'ordre de 3 à 4 % par an pour les prêts de la catégorie A, de 5 à 6 % pour ceux de la catégorie B et de 7 à 9 % enfin pour les prêts de la catégorie C.
Ces actions à dividendes qui font bon mariage avec l'inflation
De nombreuses sociétés cotées dites à dividendes ont pour politique d'augmenter le dividende à un niveau proche de l'inflation sous-jacente. De quoi les rendre attrayantes en cette période d'inflation élevée ?
1. À qui s'adresse ce type d'investissement ?
Beaucoup d'investisseurs "bon père de famille", qu'ils aient un petit ou un gros portefeuille, privilégient les actions à dividendes pour la raison simple qu'elles sont censées leur apporter un revenu chaque année. C'est même devenu, avec la baisse des taux d'intérêt à des niveaux proches de zéro, une alternative évidente pour celui qui recherche un investissement avec un revenu fixe comme une obligation d'État ou d'entreprise.
2. Quels sont les risques ?
En général, la correction boursière est immédiate quand une société ne paie pas le dividende prévu. Ce fut notamment le cas des banques européennes quand la BCE les a obligées à garder un coussin de liquidité pour faire face à certains risques liés au Covid. On se souviendra aussi de la baisse du cours de bpost quand l'entreprise publique a fait l'impasse sur le dividende.
De façon plus générale, il est risqué d'investir dans une société (par exemple, en perte) qui n'aura pas le cash nécessaire pour rémunérer ses actionnaires.
3. Quels sont les rendements ?
Les Dividend Aristocrats sont les entreprises qui ont versé un dividende en hausse pendant 25 ans au moins. À la Bourse de Bruxelles, GBL, Colruyt, UCB et Sofina figurent notamment dans cette catégorie. Aux États-Unis, on peut citer AT&T, ExxonMobil, Chevron, IBM Abbvie, etc., d'après une étude de Bolero (plateforme boursière de KBC).
Maintenant que l'inflation atteint des niveaux élevés, les perspectives de rendement restent-elles attrayantes ? Xavier Servais, administrateur délégué à la société de conseil en investissement Delande, en est convaincu. Tout en précisant que certains secteurs apportent probablement une "meilleure protection" que d'autres parce qu'ils "peuvent répercuter la hausse des prix" . Ce sont ceux qui ont un pricing power . Exemple : les fonds immobiliers dits SIR (Befimmo, Cofinimmo, Ascensio, etc.) dont les loyers sont indexés. Des entreprises de services dont les prix suivent l'inflation (comme Kone) entrent aussi dans cette catégorie.
Vu que les taux d'intérêt à long terme sont en hausse, il faut toutefois s'attendre à ce que les cours des actions à dividendes subissent une certaine pression, estime l'économiste financier de KBC, Tom Simonts. "Mais si la tendance devait se poursuivre, les cours plus bas offriraient un meilleur seuil d'entrée aux investisseurs."
Pour L'Investisseur , le géant de la construction Bouygues, l'assureur néerlandais NN et le holding flamand Gimv sont des valeurs avec un rendement (rapport entre dividende et cours) "durable" de respectivement 5,8 %, 5,2 % et 4,6 %. Un bon choix pour autant que le cours de l'action ne dégringole pas.
"Les actions à dividendes donnent un aspect attractif" , souligne Frank Vranken, Chief Invesment Officer à la banque Edmond de Rothchild. "Mais il faut que ce soient des sociétés qui ont la capacité de rémunérer leurs actionnaires sans compromettre leur potentiel de croissance. Il y a un juste équilibre à trouver entre un rendement intéressant mais payable et durable."
L'art, valeur refuge ?
L'art a la réputation d'être une valeur refuge, particulièrement en temps de crise économique. Très peu touché par les crises économiques des années 2008 et 2020, ce marché a connu un très fort essor pendant la pandémie de Covid-19.
1. À qui s'adresse ce type d'investissement ?
" Le marché de l'art est très large ", estime Rodolphe Janssen, galeriste à Bruxelles depuis 30 ans et membre du Comité de Sélection d'Art Brussels. " De la personne qui achète une édition à 150 euros à celle qui achète un tableau à 100 millions, les acheteurs sont variés tant au niveau de leur moyen financier que de leur provenance géographique. "
Représentant " environ 60 milliards d'euros par an ", le marché de l'art rassemble donc autant les spéculateurs que les collectionneurs amateurs, plus nombreux. Rodolphe Janssen explique " qu'on n'envisage pas un achat d'œuvre d'art comme un achat d'immeuble ". La prudence est de mise.
Par ailleurs, " si toutes ses œuvres sont vendues à des gens qui spéculent, l'artiste n'est pas très heureux. " Le plus important selon le galeriste, c'est " d'acheter avec le cœur et le portefeuille suivra ".
2. Quels sont les risques ?
Rien n'est plus aléatoire que le placement dans l'art : c'est le temps qui fait la valeur de l'investissement. Plus un artiste est jeune, plus le risque est grand mais... au moins il est cher.
" Il faut acheter en connaissance de cause ", prévient Albert Baronian, galeriste depuis 50 ans. " Il faut acheter de l'art dans des ventes publiques de bonne réputation ou bien dans des galeries qui ont fait leur preuve. Ce n'est pas un domaine qu'on peut maîtriser, il échappe à une certaine rationalité. "
Albert Baronian estime toutefois " qu'un beau tableau restera toujours un beau tableau, l'art est une valeur universelle : il y en a toujours eu et il y en aura toujours . Pour investir dans l'art, vaut mieux donc le faire relativement jeune et tôt ".
3. Quel rendement espérer ?
" La somme à investir est bien entendue corrélée au rendement attendu et à la durée possible de l'investissement ", explique Marion Sailhen, cheffe de la curation à la galerie en ligne Singulart. " Si vous souhaitez un retour rapide et lucratif, alors il faut une somme de départ dépassant les 100 000 euros et investir dans une valeur sûre : un grand nom du marché de l'art figurant dans le TOP 50 de la base de données mondiale ArtPrice ".
Entre 20 et 30 000 euros, vous pouvez espérer un retour sur investissement avoisinant les 5-7 % en quelques années " mais il faudra être prudent, bien conseillé ou avoir de l'expérience dans l'achat d'art ". Vous pouvez également investir dans l'art contemporain avec une somme de départ inférieure à 10 000 euros " mais il faudra être patient ou chanceux pour voir un retour sur investissement lucratif ".
" En somme ", poursuit Marion Sailhen, " si vous espérez un retour sur investissement lucratif dépassant les taux des placements bancaires classiques, alors investir dans l'art nécessite un certain goût du risque et une grosse somme de départ ".