Un "ChatGPT" de la fiscalité aide les Français à remplir leur déclaration fiscale : et en Belgique ?
En France, une start-up a mis au point un ChatGPT expert en fiscalité. Doit-on s'attendre à ce type de logiciel en Belgique ?

- Publié le 14-06-2023 à 10h13
- Mis à jour le 14-06-2023 à 11h06

La recherche et développement pour simplifier un maximum sa déclaration fiscale ne cesse d'évoluer. C'est du moins le cas en France. Le 26 avril dernier, la société Climb, spécialisée dans l'optimisation des impôts, a mis au point son "coach fiscal" : ClimbGPT.
Concrètement, le logiciel d'intelligence artificielle ne se distingue pas de son cousin développé par la société américaine OpenAI, à la différence que les informations fiscales y sont rajoutées. Après une inscription gratuite, il suffit de poser ses questions dans la barre de conversation pour que le robot y réponde.
Par exemple, si un salarié lui demande comment déclarer son salaire, il lui indique où il doit inscrire ses revenus dans le document, avec des variantes selon la nature de ceux-ci. Une technologie pratique dans les cas les plus simples, mais qui atteint malgré tout une certaine limite dans les cas les plus complexes, comme l'ont constaté nos confrères du journal Les Échos qui ont pu utiliser le logiciel en avant-première.
Une IA fiscale en Belgique ?
Mais si l'outil conversationnel n'est disponible que pour la déclaration fiscale française, se pose la question de savoir s'il existe un logiciel de ce type pour les déclarations en Belgique. "C'est déjà ce que fait le fisc belge quand il remplit sa déclaration simplifiée. Est-ce que cela ne répond pas déjà aux besoins qu'on pourrait tirer d'un logiciel d'intelligence artificielle ? Pour les déclarations simples, je pense que c'est le cas", estime Jérôme Terfve, avocat associé chez Tetra Law.
Reste la question des cas les plus complexes. La question de l'automatisation et du recours à l'IA est une question qui se pose et qui va se poser de manière de plus en plus évidente dans le secteur de la fiscalité. Mais jusqu'à quel point faudra-t-il développer cette technologie pour éviter de passer par la case comptable ? Ce n'est pas encore pour tout de suite selon le spécialiste du droit fiscal : "L'intérêt d'un bureau comptable, c'est qu'il va poser des questions, 'avez-vous pensé à ça ?', 'avez-vous choisi cette option ?'... Ou d'autres types de questions. Donc intégrer un GPT sur un outil de déclaration fiscale pour interagir avec, cela ne me paraît pas très compliqué à mettre en œuvre. Seulement, l'approche doit être différente."
Enfin, Jérôme Terfve souligne que pour intégrer de l'IA dans le remplissage de la déclaration fiscale, celle-ci devrait avoir cette plus-value qu'apporte le contact humain, c'est-à-dire la proactivité. "Selon moi, l'un des intérêts de mettre en place plus d'intelligence artificielle dans la déclaration fiscale serait de permettre aux personnes de se poser des questions. Par exemple, si l'on prend le cas d'une personne avec un enfant à charge, il faudrait que l'IA demande l'âge de cet enfant, s'il y a des frais de garde, etc. Ce type de questions qu'on ne se pose pas toujours mais qui peut changer la donne quand on remplit sa déclaration. On attendrait donc de cet outil pas seulement une attitude réactive mais plus proactive, comme c'est le cas quand les personnes se rendent chez un professionnel de la fiscalité."