Malgré une hausse du gaz et du pétrole, les nouvelles sont rassurantes à moyen terme : "Pas du tout le moment de prendre un contrat fixe"
Il y avait de quoi s'inquiéter en observant les courbes de prix du gaz et du pétrole, mais on vous explique pourquoi ce n'est que temporaire.

- Publié le 29-10-2024 à 18h57

Depuis le cœur de l'été, la situation est plutôt tendue sur le marché du gaz, alors que celui du pétrole permet de voir les prix – surtout de l'essence – à la pompe revenir à des standards équivalents à ceux datant d'avant la dernière crise inflationniste.
Pour le gaz, on avait vu les prix remonter au-dessus de la barre symbolique des 40 € du mégawattheure, laissant craindre une nouvelle augmentation des prix chez les fournisseurs, et un hiver tendu. "Le scénario de l'hiver n'est pas rose. On ne parle pas actuellement d'une nouvelle super crise énergétique, comme en 2022, mais ce sera tout de même difficile pour les ménages, craignait Damien Ernst, spécialiste en Énergie et professeur à l'Université de Liège. Par ailleurs, il faut s'inquiéter de possibles frappes russes sur les gazoducs qui relient la Norvège à l'Europe. Là, on parle de 1 000 térawattheures sur un total qui se situe entre 3 000 et 4 000 pour l'Europe ! Si on devait perdre cela, on serait reparti sur une grosse crise avec une ampleur bien supérieure à celle de 2022 ! Dans l'ensemble, la situation reste très préoccupante."
Depuis lors, les prix se sont maintenus dans une fourchette autour de 35 à 40 € du mégawattheure, jusqu'à la semaine dernière. En une semaine, on est passé de 38 € à 43 € sur le marché européen, laissant craindre une nouvelle envolée des prix. Ce lundi, le marché s'est clôturé à un peu plus de 42 €."Cette hausse s'explique en partie par les tensions entre l'Iran et Israël, commente Damien Ernst. Les marchés sont encore régis par la peur au niveau géopolitique, mais les nouvelles à moyen terme sont rassurantes malgré tout. La baisse a déjà commencé ce lundi et cela devrait continuer dans les semaines à venir."
Un scénario qu'il explique de plusieurs manières. "Les tensions entre l'Iran et Israël sont descendues d'un cran ces dernières heures, même si on ne peut rien exclure à coup sûr, bien sûr. Mais, surtout, l'Europe est arrivée à remplir ses réserves stratégiques. On est à 97 %, donc tout le monde est prêt pour l'hiver. Les achats vont donc diminuer et on attend même une chute significative des prix dans les mois à venir."
Une chute qui pourrait même s'accélérer si le temps reste aussi doux. "On pourrait repasser à un prix du mégawattheure entre 25 et 30 € dans les trois à quatre mois, avance-t-il. On remarque que le marché a changé à un autre niveau. Avant, c'était au cœur de l'hiver que les prix étaient les plus hauts, maintenant c'est à l'automne, quand les pays remplissent leurs réserves. La situation est même meilleure qu'il y a un an, quand on dépassait encore les 50 € du mégawattheure. On devrait retomber autour de 30 € en janvier, et même sous les 25 € en février-mars, sous réserve d'incidents géopolitiques, évidemment."
Et Damien Ernst de conclure avec un conseil pour les consommateurs : "Je conseille à tout le monde d'opter pour un contrat variable en cas de changement dans les jours à venir. Ce n'est pas du tout le moment de prendre du fixe."