Voici le bon plan méconnu pour profiter des prix négatifs de l'électricité
Installer un deuxième compteur peut être intéressant. L'idée est de profiter des prix bas de l'électricité en journée, sans s'exposer aux prix élevés du pic du soir.
- Publié le 28-05-2025 à 09h03
- Mis à jour le 28-05-2025 à 11h06

On le sait, l'énergie photovoltaïque a connu un énorme succès ces dernières années. Selon Elia, le gestionnaire du réseau électrique haute tension, la capacité photovoltaïque installée en Belgique dépasse actuellement 11 GW, ce qui est considérable. Quand le soleil brille, le photovoltaïque peut produire le même volume d'électricité que neuf réacteurs nucléaires…
Mais la consommation d'électricité est parfois insuffisante pour absorber cette grosse production photovoltaïque. C'est surtout le cas les week-ends et les jours fériés, lorsque la demande d'électricité est plus faible. C'est pour cette raison que des prix négatifs apparaissent, de plus en plus souvent, sur les marchés de gros de l'électricité. Leur but est d'inciter les producteurs à arrêter de produire et de pousser les consommateurs à consommer. Grâce à ces prix négatifs, l'équilibre entre l'offre et la demande peut être maintenu.
Attention au pic du soir
Pour pouvoir bénéficier directement des prix négatifs de l'électricité, le consommateur doit avoir souscrit un contrat dit "dynamique" et posséder un compteur intelligent. Via ce type de contrat, le tarif facturé au client suit directement l'évolution des prix sur les marchés de gros de l'électricité. Le tarif, communiqué la veille par le fournisseur, est différent à chaque heure de la journée. Le tarif le plus intéressant est généralement entre midi et 15 h, quand le photovoltaïque produit le plus.
Le problème des contrats dynamiques est que le client s'expose à des prix élevés lorsqu'il consomme en soirée. En particulier s'il n'a pas de batterie lui permettant de déplacer ses moments de consommation. Or les tarifs peuvent être quatre à cinq fois plus élevés en soirée, par rapport aux prix les plus bas en journée. De quoi s'exposer à une facture salée…
Il existe néanmoins une solution pour profiter sans risque des tarifs dynamiques : installer un deuxième compteur électrique. Grâce à ce deuxième compteur, il est possible de n'associer que des consommations "déplaçables" en journée au contrat dynamique : borne de recharge de voiture électrique, pompe à chaleur pilotable… Ainsi, le consommateur peut profiter des tarifs attractifs, entre midi et 15 h, sans s'exposer aux prix élevés du soir.
"En Flandre, en Wallonie et à Bruxelles, il est possible de placer un deuxième compteur en parallèle avec le compteur de tête."
Les autres consommations d'électricité non déplaçables (éclairage, taque de cuisson, appareils électroménagers) peuvent, quant à elles, être associées à un contrat classique, fixe ou variable, via l'autre compteur.
Mais quelle est la législation entourant le placement d'un deuxième compteur ? "En Flandre, en Wallonie et à Bruxelles, il est possible de placer un deuxième compteur en parallèle avec le compteur de tête, nous explique François Boisseleau, secrétaire général de Synergrid, la fédération qui représente, notamment, les gestionnaires de réseau Ores, Resa, Fluvius et Sibelga. Il n'est normalement pas nécessaire de tirer un deuxième câble entre la rue et le second compteur. Le raccordement du deuxième compteur se fait sur le même câble d'alimentation que le compteur de tête".
Néanmoins, les systèmes électriques derrière les compteurs doivent être complètement séparés. Cela signifie que les consommations liées au contrat dynamique doivent toutes être raccordées au même compteur. Les autres consommations, reliées au contrat classique, doivent être connectées à l'autre compteur.
Peu de demande
Synergrid nous précise qu'il n'y a que quelques dizaines d'habitations qui ont placé un second compteur en Flandre. En Wallonie et à Bruxelles, aucune demande n'a encore été formulée. Mais il faut dire que les contrats dynamiques sont seulement en train d'arriver en Wallonie et à Bruxelles.
Laetitia Naklicki, Directrice de la communication de Resa, nous précise qu'une autre solution que le placement d'un deuxième compteur est à l'étude. L'idée est de pouvoir séparer les consommations et de les attribuer à des contrats différents sans placer de deuxième compteur. "Il y a des discussions en cours pour permettre ce type de dispositif à l'avenir, nous explique-t-elle. Il s'agirait de placer un sous-compteur mais les discussions ne sont pas encore abouties".
