Voici les 30 actions belges qui ont connu les plus fortes hausses en 2021
Il existe une vie boursière très riche en dehors des poids lourds de notre marché. Les petites et moyennes capitalisations belges affichent de très belles performances cette année.
- Publié le 20-10-2021 à 08h00
- Mis à jour le 20-10-2021 à 10h44

La fin de l'année approchant et les premières craintes sur le futur des placements boursiers apparaissant sur fond de hausse des taux d'intérêt, certains investisseurs commencent à songer à prendre leurs bénéfices sur leurs portefeuilles d'actions. Et il y a de quoi faire, apparemment. À la Bourse de Bruxelles, on pense immédiatement aux stars reprises dans l'indice Bel 20. L'indice phare de la cote belge affiche depuis le début de l'année une performance honorable de 15 %.
Mais cet indice qui sert de baromètre - et surtout de repère d'alignement pour des fonds indiciels - présente une caractéristique qui éloigne sa performance affichée de la réalité des portefeuilles des particuliers : il n'intègre pas les dividendes payés par les entreprises cotées. Et cela, au contraire des indices intégrant le rendement, les indices "return". À la Bourse de Bruxelles, les gestionnaires qui suivent de près notre marché dans son ensemble, préfèrent comparer les performances de leurs portefeuilles à l'évolution du "Belgian All Shares Return". La différence ? D'abord, on y trouve une grosse centaine de valeurs, mais surtout, la hausse affichée par cet indice approche les 20 % depuis le début de cette année.
Lotus Bakeries poursuit sa croissance
"C'est que l'on trouve dans cet indice une série de valeurs de petites ou moyennes capitalisations boursières, qui sont souvent exclues par les gestionnaires attachés aux poids lourds de notre marché, pour des raisons de liquidité boursière, essentiellement", nous explique Xavier Servais, spécialiste de la Bourse de Bruxelles au sein de la société de conseil en investissement Delande et Cie. "On observe en l'occurrence un retour vers ces valeurs affichant une sous-valorisation par rapport à leurs fondamentaux, et cette année, un rattrapage de cours. On les redécouvre, littéralement. Et au final, certaines de ces valeurs dont la capitalisation boursière a grimpé, commencent à attirer les gros gestionnaires. On pense à une entreprise comme Lotus Bakeries qui augmente année après année, son chiffre d'affaires, sa production et sa diversification géographique. Le seul problème résiduel de ce type de valeurs étant pour les gestionnaires un flottant trop peu important".
Le flottant est la part du capital cotée et susceptible de changer de mains en Bourse. Beaucoup de ces entreprises sont en effet encore détenues en grande partie par les familles fondatrices.
Un dividende pour fidéliser l'actionnaire
La part du dividende dans le rendement total est-elle de nature à intéresser les particuliers ? "Oui, et on le voit, l'indice return des valeurs belges surperforme nettement l'indice Bel 20 à partir du mois de mai cette année, c'est-à-dire au moment des premiers paiements de dividendes en Belgique", explique encore Xavier Servais. Les entreprises familiales cotées ont pour habitude de servir des dividendes en hausse chaque année lorsque la conjoncture le permet, ce qui a pour effet de répartir les bénéfices parmi les actionnaires de référence, et aussi de stabiliser les actionnaires isolés.
De très belles performances
Le retour des investisseurs cette année vers les plus petites capitalisations se traduit par ailleurs par de très belles performances, notamment dans le chef des sociétés holdings, et plus particulièrement dans le cas de celles qui avaient osé investir dans des sociétés non cotées (private equity), particulièrement recherchées par les fonds spécialisés ces deux dernières années, et dont les valorisations ont explosé.
La société qui explose tous les records est sans conteste Floridienne dont le cours a plus que doublé cette année. Une moyenne capitalisation typique de notre marché, au capital verrouillé, à la visibilité moyenne, aux activités de niche (des produits de bouche haut de gamme au recyclage de métaux). Pour l'heure, elle dépasse D'Ieteren, gonflée (7,6 milliards d'euros de capitalisation boursière) par la revalorisation de sa participation en Belron (Carglass), et Deceuninck, portée par les efforts européens en matière d'isolation des maisons particulières.


Des entreprises à découvrir
Ce qui fait la richesse de notre marché est clairement sa diversité. Et le classement des rendements depuis le début de l'année le montre à loisir. On retrouve ainsi dans cette liste quelques-unes des SIR (sociétés immobilières réglementées, ex-sicafi) spécialisées, comme VGP (+85 %) qui n'a pas cessé de développer des espaces semi-industriels durant la crise sanitaire, ou WDP (+37 %) qui opère dans le même secteur et qui a profité de la forte demande d'entrepôts pour la logistique du commerce en ligne.
Dans le même contexte des secousses portées à la suite de la crise mondiale, Exmar (+79 %) affiche une santé de fer et vient encore de voir sa valorisation revue à la hausse par des analystes. Moury Construct (+77 %, bâtiments résidentiels ou industriels et rénovation) et Campine (+65 %, chimie de spécialité et alliages non ferreux), dans deux secteurs bien différents, suivent Exmar, mais avec des capitalisations réduites et peu d'activité au jour le jour en Bourse. Kinepolis (+62 %) a bien entamé sa reprise, avant même de voir les salles de ses cinémas retrouver le public d'avant la crise, et a sans doute séduit de nouveaux actionnaires par sa résistance structurelle aux fermetures forcées.
Le cas de Recticel a abondamment été évoqué ces derniers jours. Mal valorisée, l'entreprise spécialisée dans les mousses d'isolation fait l'objet d'une offre d'achat non sollicitée à laquelle elle tente d'échapper au travers d'une cession d'actifs dont la seule annonce a permis au titre de dépasser en Bourse le prix de l'offre du prédateur potentiel. Lotus Bakeries (+56 %) reste une très belle entreprise dont le capital est verrouillé au travers d'une fondation, mais qui n'est pas accessible aux petits portefeuilles en raison de son prix proche de 6 000 euros. On le voit, chaque entreprise a son identité qui demande à être découverte et analysée pour bâtir un portefeuille belge à haut potentiel.