Les assureurs essaient aussi de capter les milliards du bon d'État. Avec des meilleures conditions que les banques ?
Plusieurs compagnies proposent des produits dont la branche 26, qui peut être comparée aux bons de caisse des banques. Mais les taux sont-ils plus élevés ?

- Publié le 04-09-2024 à 08h06
- Mis à jour le 04-09-2024 à 13h35

Depuis quelques jours déjà, plusieurs grands noms de l'assurance se sont, à l'image des banques, lancés dans la bagarre pour capter une partie des milliards des bons d'État.
Un produit un peu oublié sort du lot. Il s'agit de la branche 26. Elle a comme caractéristique d'avoir des échéances plus courtes que la branche 21, en général 3 à 5 ans. Elle vient donc directement concurrencer les bons de caisse proposés par certaines banques. Elle n'est pas soumise à la taxe d'entrée des 2 % contrairement à la branche 21. Les intérêts (qui sont capitalisés) sont soumis au précompte de 30 % alors que la branche 21 y échappe pour autant que l'argent reste placé pendant un délai d'au moins 8 ans. Elle ne bénéficie pas de la garantie d'État contrairement à la branche 21, aux dépôts bancaires et aux bons de caisse.
"Manque de transparence"
La Bâloise fut une des premières compagnies à mettre en avant la branche 26 avec son produit Invest 26 Fix 3 d'une durée de 3 ans, qui affiche un taux de 3 %. Le montant de l'investissement minimal s'élève à 15 000 euros. Des frais d'entrée de 0,5 % à 2,5 % peuvent être appliqués sur les versements sous les 50 000 euros. Le rendement net par an, après déduction des frais et du précompte, est de 1,95 %, nous précise La Bâloise.
Athora Belgium (ex-Generali Belgium) a, quant à elle, mis à l'étalage le Safe Horizon 3 by Athora dont le taux brut garanti est actuellement de 2,70 %, et le Safe Horizon 5 by Athora dont le taux brut est de 2,75 %. Ces deux produits "permettent de prolonger le contrat de 3 ou de 5 ans à l'échéance, sans frais additionnels, grâce à leur durée sous-jacente de 99 ans" , indique le communiqué sans préciser quels sont les frais pour la première souscription. Nicolas Claeys, conseiller chez Testsachat Invest s'étonne qu'Athora ne dise rien sur le niveau des frais. "Il y a un manque de transparence et c'est compliqué à comprendre." Interrogé par nos soins, Athora nous indique que les taux nets (sur la prime nette investie, et hors précompte) sont de respectivement 2,52 % et 2,57 %. Ce qui veut dire que le taux net après précompte est de l'ordre de 1,767 % pour le 3 ans, "mais sans compter une participation bénéficiaire potentielle", ajoute-t-on chez Athora. Histoire de faire comprendre que la rémunération peut être plus élevée.
Échéances plus longues
Athora annonce aussi une légère augmentation du taux brut sur de sa branche 21 de 2,70 à 2,80 %.
Le Groupe P&V, via ses marques P&V et Vivium; a, lui, choisi de promouvoir un produit branche 21 donnant un taux de 2,55 %. L'investissement requis est de minimum 2 000 euros. En outre, jusqu'à la fin de cette année, pour tout placement de 10 000 euros ou plus, il verse sur le contrat concerné un supplément (limité à 2 000 euros) de 2 % du montant investi, "ce qui contrebalance le montant de la taxe obligatoire sur les primes d'assurance", indique le communiqué.
Il n'est pas évident de comparer les produits d'assurance avec les bons de caisse en raison des nombreux frais. Les 3 % bruts et de la Bâloise (1,95 % net), sont supérieurs aux 2,7 % bruts (1,89 % net) des bons de caisse à 3 et 5 ans proposés par Belfius. BNP Paribas Fortis avait, elle, lancé un bon de caisse à 5 ans affichant un taux brut de 2,65 %, qui est donc aussi plus bas.
Pour des échéances plus longues, le Groupe P&V se distingue avec son produit branche 21. Selon les calculs de Nicolas Claeys, le taux net annuel atteindrait, "dans le meilleur des cas" , 2,24 % après la période des 8 ans. "Si la taxe de 2 % n'est pas remboursée, le rendement net tomberait à 1,97 % par an en moyenne", ajoute-t-il. Un rendement net proche de celui de l'Olo à 8 ans.
Reste à voir quel pourrait être l'intérêt des investisseurs pour des produits à huit ans en cette période de courbe inversée des taux (où les taux courts sont supérieurs aux taux longs).
Par rapport à des produits d'assurance souvent complexes et pas toujours très transparents vu les différents frais possibles, Nicolas Claeys donne le conseil à l'épargnant "de demander à son courtier le rendement net après taxe et frais" afin de faciliter la comparaison et même d'éventuellement négocier les frais avec l'assureur.