Revue boursière : baisse des taux et rebond boursier
Comme prévu, la BCE a baissé son taux directeur dans un contexte économique qui continue de pointer vers un ralentissement.
- Publié le 13-09-2024 à 19h36

Les marchés boursiers se sont bien repris durant la semaine écoulée, avec des séances positives qui se sont succédé tant en Europe qu'aux États-Unis. Les données économiques publiées ces derniers jours continuent de pointer vers des économies développées qui devraient éviter une récession. L'inflation américaine a également poursuivi sa décrue, ce qui ouvre la porte à une détente monétaire de la Réserve Fédérale lors de sa réunion de septembre, qui se tiendra la semaine prochaine. Le marché sera plus particulièrement intéressé par les commentaires de Jerome Powell quant aux futures baisses de taux que par la décision en elle-même (une baisse du taux directeur de 0,25 % est largement anticipée par le marché).
Aux États-Unis, l'indice S&P500 a aligné cinq séances consécutives de hausse pour terminer la semaine sur un gain proche de 4 %, tandis que le Nasdaq 100 s'est envolé de près de 6 % (avec un bon de plus de 15 % pour Nvidia). Etienne de Callataÿ (Chef économiste chez Orcadia Asset Management) souligne que la situation actuelle reste mitigée sur la croissance et l'inflation. "Les chiffres ne sont pas terribles pour la production industrielle, mais la consommation et les services continuent de bien résister grâce à des taux de chômage qui sont très faibles. Dans ce contexte relativement normal, une récession nous semble aujourd'hui peu probable".
Au niveau européen, la Banque Centrale Européenne n'a surpris personne en annonçant une baisse de son taux directeur de 0,25 %. Pour Christopher Dembik (Stratégiste chez Pictet Asset Management), ce mouvement est toutefois trop timide. "Nous avons récemment diminué notre allocation sur les actions européennes, car le contexte économique reste déprimé, avec des baisses de taux qui vont probablement être trop prudents par rapport aux besoins de certains secteurs".
Rester sur les marchés
Etienne de Callataÿ (Orcadia Asset Management) constate que les entreprises restent en bonne santé, et qu'il y a peu d'indices qui pointent que leurs marges soient susceptibles d'être mises sous pression durant les prochains mois. "La bonne santé des bourses reste le reflet de la bonne santé des entreprises cotées, et ce serait une erreur pour les investisseurs de rester à l'écart des actions". Il pointe également que les différentes mesures pointent vers des marchés qui ne sont pas outrageusement chers d'un point de vue historique.
Sur les places européennes, les indices ont enregistré des progressions comprises entre 1,5 et 2,5 %, avec l'indice Bel 20 terminant au milieu de cette fourchette, avec pratiquement toutes les composantes de l'indice terminant sur une progression. Sofina (+ 14 %) a été particulièrement recherché dans un contexte plus favorable aux valeurs technologiques et aux transactions sur les entreprises non cotées ; et alors que le holding a commencé à racheter ses propres actions. À l'inverse, D'Ieteren a été la seule valeur du Bel 20 à terminer sur un recul hebdomadaire, suite à l'annonce d'une réorganisation du contrôle de la société qui va nécessiter la distribution d'un important dividende (74 euros par action) et une hausse significative de l'endettement.
Dans un contexte politique qui reste troublé au Moyen-Orient et en Ukraine, l'once d'or a été propulsée vers de nouveaux sommets et s'approche de la barre des 2600 dollars. Christopher Dembik (Pictet AM) souligne que le métal jaune reste un actif qu'il apprécie particulièrement dans le contexte actuel. "Notre conviction est que l'or reste un bon moyen pour lutter contre la volatilité sur les marchés financiers, et nous pensons que le cours de l'once va continuer d'augmenter".