Pourquoi les marchés deviennent de plus en plus imprévisibles
Aujourd'hui, ce ne sont plus les banques centrales mais les politiques budgétaires qui donnent le ton sur les marchés.
- Publié le 16-02-2026 à 11h55

La politique économique, qui était encore guidée il y a cinq ans par les manœuvres des banques centrales, est désormais davantage soumise aux impulsions des politiques budgétaires expansionnistes des états.
Alors qu'il y a encore cinq ans, les banques centrales affichaient des bilans énormes, elles appliquent aujourd'hui une politique monétaire plus discrète.
Les gouvernements mettent en place des politiques budgétaires beaucoup plus agressives alors que les économies sont en relative bonne santé."
"En revanche, les gouvernements mettent en place des politiques budgétaires beaucoup plus agressives alors que les économies sont en relative bonne santé. C'est assez inédit comme situation car, en principe, les gouvernements prennent ce genre de décisions quand les économies ralentissent. La nature même des politiques économiques a donc changé", constate Jacques Hirsch, cogérant de fonds patrimoniaux chez Carmignac Gestion. C'est ainsi qu'aux États-Unis, le déficit budgétaire est élevé par rapport au PIB alors que le taux de chômage est historiquement bas.
Changement de rôle
Quelles sont dès lors les conséquences de ce changement de paradigme sur les marchés ? Ce soutien budgétaire de l'économie favorise l'activité au niveau national et offre donc un appui aux marchés d'actions.
"Ce qui a changé par rapport aux évolutions historiques, c'est qu'entre la fin des années 1990 et 2020, on pouvait construire un portefeuille équilibré entre actions et obligations. Si les actions baissaient, les obligations remontaient. Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Actuellement, l'obligataire a de plus en plus de mal à équilibrer le risque actions", reconnaît ce gérant de portefeuille.
Les obligations ne jouent donc plus leur rôle d'amortisseur en portefeuille.
On constate en effet que de plus en plus souvent, la baisse des marchés boursiers s'accompagne d'une baisse concomitante des actifs obligataires. Les obligations ne jouent donc plus leur rôle d'amortisseur en portefeuille.
Pour compenser cette situation, il convient alors de diversifier son portefeuille vers d'autres actifs moins corrélés aux marchés. "Pour notre part, nous avons entamé une plus grande diversification vers les minerais dont l'or et le cuivre via notamment un investissement dans des actions de mines aurifères. Nous évitons les placements en infrastructures ou dans l'immobilier coté car ce sont deux secteurs qui sont particulièrement exposés à l'évolution des taux d'intérêt", ajoute Jacques Hirsch.
Diversification ciblée
Dans les portefeuilles patrimoniaux globaux de cette maison de gestion, les États-Unis prennent la plus grande part tout en étant sous-pondérés au profit de certains pays émergents dont Taïwan et la Corée qui sont surpondérés dans les portefeuilles globaux.
"Nous estimons que la tendance haussière des marchés n'est pas terminée mais qu'entre 12 et 24 mois, cette hausse se fera avec davantage de volatilité."
"Nous estimons que la tendance haussière des marchés n'est pas terminée mais qu'entre 12 et 24 mois, cette hausse se fera avec davantage de volatilité. Nous avons donc commencé à nous positionner sur les titres des places boursières, comme Euronext, par exemple. Elles devraient bénéficier de cette augmentation de la volatilité des cours", reconnaît Jacques Hirsch.
Par ailleurs, cette maison de gestion avoue une préférence pour les biens de consommation courante (de base) avec notamment des titres comme Colgate ou Procter & Gamble. Ces sociétés affichent des problèmes structurels mais ces problèmes sont bien reconnus par les marchés. Les valorisations sont donc relativement attrayantes dans ce contexte. Ces valeurs sont également corrélées négativement aux marchés. Si les marchés baissent, elles se maintiennent ou augmentent de valeur. Elles offrent également de bons dividendes.
D'autres secteurs sont également privilégiés dans les portefeuilles de cette maison. Au-delà des minerais, les banques brésiliennes y sont présentes de même que quelques titres dans le domaine de la santé (distributeurs, biotechs…). On y trouve aussi des valeurs dans le secteur technologique de pays comme Taïwan ou la Corée.