Revue de la semaine : les résultats ne suffisent plus
Le Nasdaq a chuté de 6,4% en pleine séance ce jeudi. Comment l'expliquer ?
- Publié le 06-11-2026 à 18h55

Les chiffres trimestriels du secteur technologique sont restés bons, mais ne permettent plus de compenser la montée des inquiétudes.
En plongeant de 6,4 % durant la séance de jeudi, l'indice Nasdaq 100 est officiellement entré dans une phase de correction après avoir abandonné plus de 15 % depuis le dernier record datant du 6 octobre dernier. Cela fait plusieurs mois que l'argumentation du marché tient sur le maintien d'une dynamique positive sur les actions technologiques américaines, grâce à des résultats vigoureux et soutenus par des programmes d'investissements pharaoniques dans l'IA.
Résultats mitigés
L'évaluation des résultats pour le deuxième trimestre avait été excellente, mais celle du troisième trimestre a révélé une dynamique plus nuancée. "Les services cloud ont constitué la principale satisfaction", souligne Lieven De Schryver, gestionnaire de portefeuille DNCA Finance Belgium, "avec des progressions qui restent très rapides tant chez Google Cloud que chez Microsoft Azure ou Amazon Web Services". En outre, les attentes restent très solides avec un rythme de croissance qui devrait se maintenir autour de 40 % jusqu'en 2028.
À côté, d'autres segments ont clairement marqué le pas, comme la publicité traditionnelle provenant des moteurs de recherche, ou les équipements matériels (smartphones, ordinateurs personnels) qui font face à une demande plus faible. Et dans le même temps, certains groupes ont adopté des positionnements moins agressifs quant à l'évolution des dépenses d'investissement.
Les chiffres trimestriels ont également laissé entrevoir la difficulté croissante de déployer les infrastructures d'IA, qui se heurtent de plus en plus aux contraintes physiques, sociales et environnementales. "Les goulots d'étranglement au niveau de la chaîne d'approvisionnement, la saturation des réseaux d'électricité et les délais administratifs freinent physiquement le rythme des projets", indique encore Lieven De Schryver.
Impact électoral
Dans le même ordre d'idée, la semaine a également été marquée au niveau américain par le raz-de-marée démocrate, notamment au niveau des postes de gouverneurs dans les États, sur des thématiques électorales souvent très hostiles à la construction des centres de données sans la mise en place d'un minimum de précautions pour les collectivités locales.
En particulier, la transition vers le parti démocrate d'un État comme le Texas, qui concentre 25 à 30 % des projets de centres de données au niveau américain, va constituer un cas d'école intéressant pour les prochains mois.
Actuellement, un tiers de la croissance américaine provient de la construction des centres de données et du secteur IA. Il est donc difficile d'envisager des coupes trop profondes qui pourraient accélérer l'arrivée d'une récession économique.
Pour autant, ces incertitudes sont venues se rajouter à tous les autres signaux qui s'étaient accumulés ces derniers mois, pour provoquer un mouvement vendeur puissant qui a emporté les acteurs des mémoires et des semi-conducteurs, avec des plongeons impressionnants ce jeudi pour des groupes comme Sandisk (-22 %), Micron (-17 %), AMD (-17 %), LAM Research (-16 %), NVidia (-9 %) ou Intel (-10 %).
Valeur refuge
Quant à savoir ce que les investisseurs doivent aujourd'hui faire avec leurs positions sur le secteur technologique, Grégory Guionnet, Head of Private Wealth Management chez DNCA Finance, souligne que "la rotation du marché vers des secteurs plus défensifs (santé, consommation…) a déjà commencé depuis plusieurs semaines et que la performance embarquée sur ce compartiment du marché actions ces dernières années reste très bonne". Cette rotation a notamment bénéficié aux marchés européens historiquement moins exposés sur la technologie. Alors que le Nasdaq 100 encaissait une correction massive ce jeudi, l'indice BEL20 battait un nouveau record, en terminant pour la première fois de son histoire au-dessus des 6 000 points.
TOP : Umicore
L'annonce d'un volume d'achat de métal jaune de 321 tonnes d'or durant le troisième trimestre 2026 (principalement par la banque de Chine et la Pologne), soit le chiffre le plus élevé depuis la fin 2024, a permis au métal jaune de repasser au-dessus des 4 000 dollars/once. Ce chiffre a confirmé que les banques centrales continuent d'acheter massivement de l'or, tout bénéfice pour un groupe comme Umicore dont le cours a tendance à suivre le niveau des métaux précieux depuis plusieurs années.
FLOP : Micron
Le spécialiste des mémoires a plongé de plus de 25 % durant la semaine écoulée, et est en baisse de près de 50 % par rapport au record atteint en juin dernier. Ce signal négatif est lié notamment aux incertitudes quant à la capacité du groupe à pouvoir maintenir ses marges élevées sur le long terme. Des rumeurs de marché font également état de l'arrêt de la construction d'une usine à Taïwan, tandis que TSMC serait en train d'étudier la possibilité de rentrer sur le marché des puces mémoire de pointe.
