La France promet des avions de combat à l'Ukraine, Moscou dénonce "une provocation"
Le président français Emmanuel Macron a promis de fournir des Mirage à l'Ukraine, au grand dam de la Russie qui dénonce "un soutien absolu".

- Publié le 07-06-2024 à 15h30

Emmanuel Macron a promis jeudi soir d'envoyer des avions de combat à l'Ukraine, lors d'un l'entretien télévisé accordé à TF1 et France 2, sans préciser combien de Mirage de type 2000-5 la France allait effectivement céder. Le président français a également annoncé vouloir former des pilotes ukrainiens "à partir de cet été" afin qu'ils soient prêts d'ici la fin de l'année, ainsi qu'une brigade de 4500 soldats ukrainiens. À la question de savoir si la France allait directement envoyer des instructeurs militaires en Ukraine, M. Macron a toutefois répondu de manière évasive. "L'Ukraine demande à être formée sur son territoire et cela ne constituerait pas une escalade", s'est-il limité à dire. "Nous sommes en train de travailler avec tous nos partenaires et nous déciderons sur la base d'une décision collective en tant que coalition".
M. Macron a tout de même précisé qu'il ne s'agirait en aucun cas d'effectuer des formations dans les zones de combat. L'envoi d'instructeurs militaires français en Ukraine avait initialement été évoqué par le Président la semaine dernière, dans la perspective d'une visite d'État du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a effectivement été reçu à l'Elysée ce vendredi. À l'image des F-16 belges, les Mirage sont des avions de combat vieillissants qui seront progressivement remplacés par des Rafale, plus récents. La production des Mirage a débuté au début des années 1980. Différentes versions de l'avion ont suivi, dont le Mirage 2000-5, considéré comme l'un des meilleurs avions de combat polyvalents des années 1990.
"Participation directe"
Le Kremlin, qui multiplie les discours belliqueux depuis qu'une série de pays occidentaux (dont les États-Unis, l'Allemagne et la France, mais pas la Belgique) ont publiquement autorisé l'Ukraine à frapper le sol russe, n'a pas manqué de réagir ce vendredi. "M. Macron démontre un soutien absolu au régime ukrainien et déclare que la République française est prête à participer directement au conflit militaire" a déclaré son porte-parole Dmitri Peskov, avant de qualifier les déclarations du dirigeant français d'" extrêmement provocatrices, accroissant les tensions sur le continent et n'apportant rien de positif". La veille, Vladimir Poutine avait déjà évoqué la possibilité de fournir des armes de longue portée à "des ennemis de l'Occident" sans préciser lesquels, afin – selon lui – de fournir "une réponse symétrique" aux soutiens ukrainiens.
Le chef de l'État français, qui avait anticipé cette sortie, estime au contraire que les mesures annoncées par Paris ne constituent en aucun cas "un facteur d'escalade". "Aller former quelqu'un dans la zone Ouest qui est une zone libre en Ukraine, ce n'est pas agressif", a-t-il déclaré jeudi soir. Ce qui ne semble pas totalement convaincre le Kremlin, qui dit ne pas exclure de viser ces soldats français s'ils venaient à être envoyés en Ukraine.
Présent à Stockholm pour une rencontre avec le Premier ministre suédois, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a lui aussi tenu vendredi à relativiser la menace russe. "Tant que nous ne laissons pas de place à des malentendus ou à des évaluations erronées à Moscou ou dans d'autres capitales de pays qui pourraient potentiellement nous attaquer, il n'y a pas de menace militaire contre les pays de l'Otan", a-t-il déclaré. Interrogé sur la possibilité que la Russie teste l'engagement des pays de l'Alliance à se défendre mutuellement en cas d'attaque conformément à l'article 5 du traité, M. Stoltenberg a répondu : "Nous ne voyons aucune menace militaire immédiate contre un pays de l'OTAN".
