Qui est Kari Lake, la nouvelle directrice du média public Voice of America nommée par Donald Trump
Donald Trump a nommé une denier, une de ses farouches partisanes qui nie publiquement le résultat de l'élection de 2020 remportée par le démocrate Joe Biden, à la tête du média public Voice of America (VOA, , ou, en français, La Voix de l'Amérique).

- Publié le 12-12-2024 à 20h07

manation de la Seconde Guerre mondiale et média emblématique de la guerre froide, VOA diffuse des informations à destination d'un public international, dans une cinquantaine de langues. Selon son site, VOA toucherait encore 354 millions d'auditeurs et de téléspectateurs par semaine (contre 163 millions pour BBC World Service et 44 millions pour Radio France Internationale).
La feuille de route dressée par le milliardaire relève du pied de nez à ses contradicteurs et aux médias qui s'évertuent encore à démonter mensonges, contre-vérités ou le pedigree des membres de la prochaine administration Trump II : Kari Lake sera chargée "de garantir que les valeurs américaines […] sont émises à travers le monde avec équité et exactitude, contrairement aux mensonges colportés par les médias de fake news", a ajouté le milliardaire.
Ancienne présentatrice de la chaîne Phoenix KSAZ-TV, de 1999 à 2021, Kari Lake a un parcours politique pour le moins sinueux : encartée au Parti républicain en 1995, elle soutient financièrement le candidat démocrate à l'élection présidentielle de John Kerry, en 2004, avant de quitter les Républicains en novembre 2006. Elle rejoint le Parti démocrate lorsque Barack Obama y est investi pour la candidature à l'élection présidentielle de 2008. Elle quitte ce parti en 2012.
Devenue une trumpiste patentée, elle a tenté en 2022 de se faire élire gouverneure de l'Arizona, puis sénatrice en 2024. Sans succès. Deux défaites que Kari Lake a refusé d'admettre. Évoquant des "fraudes", elle a saisi – en vain – la justice. Elle a été évoquée, un temps, comme possible colistière de son champion à l'élection présidentielle de 2024.
Lors de sa campagne, en 2022, Kari Lake promettait à la presse : "Je vais être votre pire cauchemar pendant huit ans. Nous allons réformer aussi les médias." La conception qu'elle semble avoir du métier peut faire craindre le pire pour la charte de VOA, devenue loi en 1976, qui stipule notamment qu'un de ses objectifs est d'" être une source fiable d'information, avec précision et objectivité". En 2020, déjà, le directeur de l'Agence américaine pour les médias mondiaux, nommé par Donald Trump, avait déjà tenté de se débarrasser du dispositif protégeant la rédaction de VOA de toute ingérence politique.