Trump menace de saisir l'île de Kharg, avant de calmer le jeu... et d'évoquer un accord "tout proche"
Les États-Unis évoquent de nouveau la "signature" prochaine d'un accord avec toutes les parties prenantes à la guerre en Iran

- Publié le 11-06-2026 à 20h17
- Mis à jour le 12-06-2026 à 09h21

Pareille mise en garde n'avait plus été brandie depuis des semaines par les États-Unis. Donald Trump a d'abord fermement menacé l'Iran jeudi matin de nouveaux bombardements "très durs" s'il ne signait pas un accord de paix au plus vite. "Les États-Unis bombarderont l'Iran très durement ce soir : sa marine de guerre, sa force aérienne, ses radars, batteries anti-aériennes et autres formes de défenses (seront) détruites", avait affirmé le président américain dans un message posté sur les réseaux sociaux. Quelques heures (seulement) plus tard, le président américain se rétractait. Il a annoncé jeudi soir annuler les frappes prévues le jour même contre l'Iran. Donald Trump évoquait même la "signature" d'un accord avec Téhéran, assurant que les derniers détails ont été validés. "Prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes, j'ai (...) annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l'Iran ce soir", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "Les discussions et les derniers points ont été, sur le principe et dans les détails, approuvées par toutes les parties prenantes", a-t-il poursuivi, en ajoutant: "Le moment et le lieu de la signature seront annoncés bientôt".
Avant cette nouvelle volte-face, les États-Unis avaient poursuivi leurs tirs de missiles pour le second jour consécutif, et laissé plané l'idée que les forces américaines "s'emparent de l'île de Kharg, et d'autres sites d'infrastructures pétrolières (de l'Iran), et (prennent) le contrôle total de ses marchés pétroliers et gaziers".
Menaces récurrentes
Cette menace est récurrente. Les terminaux pétroliers de l'île de Kharg, qui se trouvent dans la partie nord du golfe Persique, permettent à l'Iran d'exporter la plus grande partie de son pétrole brut dans le monde. Les volumes concernés s'élèvent habituellement à quelque 2 millions de barils par jour, soit autour de 2 pour cent de l'approvisionnement mondial. Ceux-ci sont principalement envoyés vers la Chine.
La nouvelle fanfaronnade du commandant en chef américain, si elle était mise à exécution, équivaudrait à une nouvelle déclaration de guerre tant la prise de contrôle de ces sites vitaux pour l'économie iranienne représenterait un levier de pression diplomatique de premier ordre pour Washington.
Pour autant, une éventuelle saisie de l'île de Kharg par les États-Unis n'aurait pas d'impact immédiat sur les livraisons de pétrole. Les flux sont suspendus depuis plusieurs semaines suite au blocus américain des ports (et donc des exportations de pétrole iranien), imposé après le blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, une voie de passage stratégique et vitale pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié.
L'Iran avait haussé le ton aussi
Téhéran avait réagi à la menace américaine en rétorquant que "si les Etats-Unis tentaient une nouvelle fois de mener des attaques contre l'Iran héroïque, ils s'exposeraient à une riposte plus sévère qu'auparavant, en plus de semer l'insécurité dans la région", selon le chef des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, dans un communiqué. Bref, comme l'avait bien synthétisé le ministère des Affaires étrangères jeudi en matinée, "le cessez-le-feu conclu le 8 avril n'avait plus vraiment de sens" suite aux dernières attaques américaines. De fait, les deux pays avaient échangé plus tôt de nouveaux tirs de missiles, au deuxième jour d'hostilités consécutives qui se sont ajoutées à un épisode éclair d'escarmouches survenu entre dimanche et lundi. Le (énième) coup de pression de Donald Trump sera-t-il le bon? En répétant qu'un accord de paix entre les deux pays était tout proche, il le laisse à nouveau penser. Des sources iraniennes et occidentales interrogées par Reuters ont ainsi assuré que les discussions entre Washington et Téhéran censées aboutir à un accord préliminaire de résolution du conflit s'étaient intensifiées.
Selon Donald Trump, "les points finaux ont été approuvés, tant dans leur principe que dans leurs moindres détails, par toutes les parties concernées, notamment les Etats-Unis, Israël, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l'Egypte et d'autres pays". "Le blocus naval restera pleinement en vigueur jusqu'à la finalisation de cet accord ; la date et le lieu de la signature seront annoncés prochainement", a conclu Donald Trump.