"La justice a failli": cinq ans ferme pour Boualem Sansal
La mobilisation continue pour l'écrivain, après le verdict de jeudi.

- Publié le 27-03-2025 à 20h32

Le tribunal correctionnel de Dar el Beida, près d'Alger, a prononcé une peine de cinq ans d'emprisonnement ferme pour l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Jugé coupable d'avoir attenté à l'intégrité territoriale de l'Algérie, l'auteur de 2084, la fin du monde et Gouverner au nom d'Allah, 75 ans, s'était défendu en personne lors de son procès, expéditif, la semaine dernière, où le parquet avait requis dix ans de prison ferme. "Une sentence qui trahit le sens même du mot justice", a commenté son avocat français, Me François Zimeray, qui en appelle à la grâce du président algérien : "La justice a failli, qu'au moins l'humanité prévale".
La détention de Boualem Sansal, malade, depuis son arrestation, le 16 novembre dernier à l'aéroport d'Alger (alors qu'il rentrait de France), avait provoqué une indignation et une levée de boucliers au sein des cénacles littéraires et politiques, en particulier en France. Le président Emmanuel Macron a lui aussi demandé jeudi la remise en liberté de l'écrivain, sollicitant "le bon sens et l'humanité des plus hautes autorités algériennes".
Reconnu à travers le monde, connu pour son franc-parler et ses critiques du pouvoir et de l'islamisme, Boualem Sansal s'était attiré les foudres de la justice algérienne après des propos jugés attentatoires à l'intégrité et la sécurité du territoire de l'Algérie, en vertu d'un article du Code pénal réputé pour être un instrument de répression des opposants. L'écrivain s'est surtout retrouvé pris dans l'engrenage d'une crise diplomatique en plein développement entre Alger et Paris. En toile de fond, le différend entre l'Algérie et le Maroc sur la souveraineté du Sahara occidental, sur lequel la France a exprimé, l'été dernier, son appui au plan marocain.