Qui est Robert F. Kennedy Jr, l'émule de Trump qui défie Joe Biden à la présidentielle de 2024?
Fils de "Bob" Kennedy et neveu de JFK, le brillant avocat devenu militant complotiste déroge aux usages en se présentant contre le Président sortant aux primaires démocrates. En suscitant plus d'enthousiasme chez les Républicains que dans son propre parti.

- Publié le 29-06-2023 à 15h24

Il est l'héritier d'une illustre dynastie politique et appartient à la famille démocrate probablement la plus célèbre des États-Unis ; dans le même temps, il a des airs de parenté avec Donald Trump et suscite précisément l'admiration des partisans de l'ancien Président. Tout cela ne porterait guère à conséquence si Robert Francis Kennedy Jr ne briguait pas l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2024.
Troisième des onze enfants de Robert "Bob" Kennedy, qui fut le ministre de la Justice de JFK (dont il est donc le neveu), Robert Junior détonne au sein du clan Kennedy. Né le 17 janvier 1954, bardé de diplômes (Harvard, London School of Economics, etc.), il a mené une brillante carrière d'avocat spécialisé dans le droit de l'environnement. En 2018, il avait encore fait sensation en obtenant la condamnation historique de Monsanto à verser 289 millions de dollars à son client, Dwayne Johnson, qui tenait le glyphosate pour responsable de son cancer. Barack Obama aurait envisagé de le nommer à la direction de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).
"RFK Jr" a, cependant, une autre facette, dont l'épidémie de Covid-19 a permis de prendre toute la mesure : celle d'un complotiste qui prête à l'industrie pharmaceutique les plus noirs desseins, avec la complicité du gouvernement américain et de la CIA. Militant contre la vaccination, qu'il lie à l'autisme, Robert Kennedy Jr a fondé une association très controversée, Children's Health Defense, dont les comptes sur les réseaux sociaux ont été suspendus. Accusant les autorités d'aimer les pandémies parce qu'elles leur permettraient de contrôler la population, il s'est risqué à des comparaisons choquantes avec le régime nazi, allant jusqu'à estimer que, "dans l'Allemagne hitlérienne, on pouvait au moins se cacher dans les greniers comme l'a fait Anne Frank". Le musée d'Auschwitz avait réagi en déplorant "la triste expression d'une décrépitude morale et intellectuelle".
Candidat à la présidentielle depuis le 19 avril, RFK Jr se plaît, dans ses meetings, à dénoncer "les médias corrompus" qui cachent la vérité et censurent l'information. Une ressemblance de plus avec Donald Trump qui est renforcée par le choix d'une cible de prédilection : le "New York Times". Sans surprise, celui qui s'est remarié en 2014 avec l'actrice Cheryl Hines, est deux fois plus populaire auprès des Républicains que des Démocrates.