Elon Musk veut racheter OpenAI, le créateur de ChatGPT : "Non merci mais nous rachèterons Twitter si tu veux"
Elon Musk et Sam Altman se sont une nouvelle fois querellés. Cette fois, c'est Elon Musk qui a ouvert le bal, en proposant de racheter OpenAI.

- Publié le 10-02-2025 à 22h50
- Mis à jour le 11-02-2025 à 13h35

Un groupe d'investisseurs dirigé par Elon Musk essaie de racheter l'organisation à but non lucratif qui contrôle OpenAI, d'après le Wall Street Journal, signe que le patron de Tesla et proche de Trump n'a pas dit son dernier mot dans le conflit qui l'oppose au créateur de ChatGPT. Selon le quotidien économique, le consortium emmené par Elon Musk a proposé 97,4 milliards de dollars lundi au conseil d'administration pour l'acquisition de l'entité.
Cette offre non sollicitée arrive alors que Sam Altman, le patron d'OpenAI, essaie de lever des fonds et de transformer sa start-up en société à but lucratif. "Non merci mais nous rachèterons Twitter pour 9,74 milliards de dollars si tu veux", a écrit Sam Altman lundi sur X, anciennement Twitter, le réseau social qu'Elon Musk a ainsi rebaptisé après l'avoir acheté pour 44 milliards. "Escroc", a répondu l'homme le plus riche du monde.
Une querelle qui ne date pas d'hier
Elon Musk, qui fait partie des cofondateurs d'OpenAI, s'en prend régulièrement à Sam Altman. Et ce dernier lui renvoie volontiers la pareille. Pour comprendre l'origine de cette inimitié commune, il faut remonter à 2015. Les deux entrepreneurs lancent l'entreprise qui deviendra un mastodonte du monde de l'intelligence artificielle, OpenAI. La mission est claire : "Développer une intelligence numérique qui soit bénéfique pour l'humanité dans son ensemble et qui ne soit pas limitée par la poursuite d'un rendement financier."
Mais très vite, les visions des deux cofondateurs divergent. Elon Musk insiste sur la nécessité de limiter les dérives potentielles de l'IA, tandis qu'Altman prône une approche plus ouverte à des partenariats commerciaux pour assurer la pérennité de l'entreprise. Ces tensions atteignent leur paroxysme en 2018, lorsqu'Elon Musk décide de quitter le conseil d'administration d'OpenAI.
Après son départ, le milliardaire ne se contente pas de rester en retrait. Il critique ouvertement OpenAI, dénonçant ce qu'il considère comme une "trahison" de ses principes fondateurs. La transformation d'une partie d'OpenAI en une entreprise à but lucratif en 2019 (ce qui n'était pas le cas avant) est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. De son côté, Sam Altman n'hésite pas à critiquer le comportement de Musk, le qualifiant de "tyran" qui aime se quereller avec ses rivaux.
La tension monte d'un cran à la mi-2024, lorsqu'Elon Musk dépose une plainte contre OpenAI, accusant l'organisation de s'être détournée de sa mission originale. Celle-ci impliquait notamment de rendre le code public et de partager ses méthodes de recherche. Elon Musk accuse donc OpenAI d'avoir violé ce contrat, opérant comme une entreprise lucrative classique et protégeant jalousement ses "secrets de fabrication". Une guerre juridique qui est encore en cours de procédure.
À noter que si Elon Musk a désormais "sa propre IA", avec le robot conversationnel Grok développé par son entreprise xAI, il reste malgré tout loin derrière OpenAI. D'après un rapport publié par TechCrunch en 2025, xAI ne représentait que 5 % de la part de marché des applications d'intelligence artificielle, loin derrière OpenAI et ses 45 %.