"Kamala Harris a une seule chose à faire pour battre Trump" : Bernie Sanders dévoile comment la démocrate pourrait remporter le prochain scrutin
Le sénateur Bernie Sanders, figure de la gauche américaine, s'est livré à l'approche du scrutin présidentiel de novembre.

- Publié le 13-08-2024 à 20h01
- Mis à jour le 13-08-2024 à 20h43

Si les derniers sondages semblent donner un léger avantage à Kamala Harris, la course à la Maison blanche risque d'être très tendue et indécise jusqu'au bout. Interrogé par nos confrères américains de Newsweek, le sénateur Bernie Sanders y est allé de certaines confidences. Il croit clairement aux chances des démocrates lors du prochain scrutin. Mais selon lui, le duo Kamala Harris – Tim Walz va devoir mettre l'accent sur un aspect en particulier.
L'homme sait de quoi il parle puisqu'il a lui-même commandé un sondage qui a révélé dernièrement les préoccupations des gens dans les six États clés de l'Arizona, de la Géorgie, du Nevada, du Michigan, de la Pennsylvanie et du Wisconsin. Ce qui en ressort ? Les personnes sondées – qu'elles soient du côté démocrate, républicain ou indépendant – soutiennent une série d'idées politiques progressistes : l'augmentation du salaire minimum, l'augmentation des impôts sur les riches et les entreprises ainsi que la réduction significative du coût des médicaments sur ordonnance. "J'hésite même à les qualifier de progressistes", confie Bernie Sanders, qui voit plutôt ces mesures comme du "bon sens". Ce dernier insiste donc : "J'espère vivement que dans les semaines à venir, elle (Kamala Harris, NdrR) et son équipe comprendront l'importance de se concentrer sur les questions économiques."
Se rapprocher de la classe ouvrière
Pour la figure de la gauche américaine, il faut à tout prix que le camp démocrate mette l'accent sur la classe ouvrière. "De nombreux membres de la classe ouvrière ont le sentiment que le Parti démocrate les a en quelque sorte abandonnés. Si vous répondez aux besoins des familles qui travaillent et que vous ne vous souciez pas trop des lobbyistes ou des riches donateurs de campagne, vous allez faire passer un message qui trouvera un écho auprès des gens de la classe ouvrière dans tout le pays, qu'ils soient démocrates, indépendants ou républicains", assure Sanders.
Le politicien pointe du doigt une tendance actuelle au niveau gouvernemental : "Quand vous venez à Washington, vous vous retrouvez entouré de lobbyistes représentant les compagnies d'assurances, les sociétés pharmaceutiques et les grandes entreprises américaines, et ces types-là font d'énormes contributions aux campagnes électorales. Le débat à Washington est donc très différent de ce qu'il est dans le reste du pays." Pourtant, l'enjeu est bien là pour Sanders et Kamala Harris a "une seule chose à faire pour battre Trump" : "Si nous parvenons à mettre l'accent sur la classe ouvrière et ses souffrances, je pense que Kamala non seulement sera la prochaine présidente, mais qu'elle peut gagner avec une marge décente."
"Le peuple américain est extrêmement en colère contre un système économique actuel dans lequel trois personnes possèdent plus de richesses que la moitié la plus pauvre de la population américaine", insiste-t-il encore.
Un faux positionnement républicain
Quant au fait que les républicains se positionnent comme le parti représentant le mieux la classe ouvrière, Bernie Sanders fait des bonds. "Cela n'a alors rien à voir avec ce qu'ils proposent… Il y a quelques années, j'ai essayé d'augmenter le salaire minimum au Sénat à 15 dollars de l'heure […] Je n'ai pas eu un seul républicain, pas un seul qui m'a soutenu", confie-t-il.
Pour Bernie Sanders, le choix de Tim Walz comme colistier est stratégique pour les démocrates. "Il apparaît comme un Américain moyen venant d'un État rural. Et le fait qu'il vienne d'un État rural est, je pense, une bonne chose, car le Congrès a trop longtemps ignoré l'Amérique rurale." Le sénateur ajoute aussi qu'en tant que gouverneur du Minnesota, "Walz a été très fortement en faveur des travailleurs et des syndicats."
La question délicate d'Israël
En fin d'interview, Bernie Sanders est interrogé sur le fait que certains électeurs pourraient tourner le dos aux démocrates suite aux tergiversations de Joe Biden dans le dossier de la guerre à Gaza. Le sénateur le reconnaît : "J'approuve bon nombre des mesures prises par l'administration Biden-Harris sur le plan national […] Ils ont fait beaucoup de bonnes choses. Ils ont tort sur Gaza, à mon avis."
Mais il précise ensuite : "Ce que je voudrais dire aux gens, c'est que nous devons poursuivre nos efforts pour faire changer d'avis cette administration, tant le président que le vice-président. Les États-Unis ne devraient pas donner un sou de plus à ce gouvernement extrémiste de Netanyahou dans sa terrible guerre contre le peuple palestinien. Nous devons continuer à faire pression sur eux. Mais si quelqu'un pense que le fait de ne pas voter pour Kamala Harris va améliorer la situation, il se trompe lourdement. Non seulement les Républicains sont pires sur ce sujet, mais ils ne sont même pas prêts à fournir une aide humanitaire aux enfants affamés de Gaza. Une administration Trump serait donc bien pire que celle que nous voyons actuellement."