Dopée par un sondage favorable, Kamala Harris veut séduire les Américains d'origine latino
A sept semaines de la présidentielle américaine, Kamala Harris a poursuivi mercredi son opération de séduction des électeurs issus des minorités ethniques, revigorée par un sondage lui prédisant un léger avantage sur Donald Trump dans deux Etats-clés.

- Publié le 18-09-2024 à 23h18

La vice-présidente a consacré une partie de cette nouvelle journée de campagne à s'adresser aux Américains d'origine latino, après avoir donné la veille une interview à une association de journalistes noirs et alors que son équipe de campagne multiplie les spots publicitaires sur des radios hispanophones.
Invitée à Washington par une organisation assurant la promotion et la défense des Latinos, la démocrate de 59 ans a mis en garde contre les "expulsions massives" d'immigrants et les "camps de détention" promis par Donald Trump s'il remporte l'élection du 5 novembre.
Avantage en Pennsylvanie
La banque centrale américaine (Fed) a annoncé ce même jour baisser son principal taux directeur de 0,5 point, une première depuis le printemps 2020 alors que l'inflation rentre progressivement dans le rang dans la première économie mondiale.
Il s'agit d'une aubaine pour Kamala Harris, car cela l'aide à défendre le bilan de l'administration démocrate, critiqué par son rival républicain comme le pire depuis des décennies.
La démocrate a pris une légère avance d'au moins 5 points sur Donald Trump en Pennsylvanie et dans le Michigan, selon un sondage de Quinnipiac University publié mercredi.
Une semaine après le débat qui a opposé les deux candidats, la démocrate recueille 51 % des intentions de vote en Pennsylvanie, contre 45 % pour son rival républicain.
Cet Etat-pivot est considéré comme crucial dans la course à la Maison Blanche, car il apporte à son vainqueur davantage de grands électeurs que chacun des six autres Etats les plus disputés.
C'est logiquement en Pennsylvanie que se sont affrontés les deux adversaires, lors du débat du 10 septembre qui pourrait bien être l'unique entre la vice-présidente et le milliardaire républicain.
C'est également dans cet Etat que Donald Trump a été l'objet d'une première tentative d'assassinat, le 13 juillet, quand un tireur l'a blessé par balle à l'oreille.
Toujours selon ce sondage Quinnipiac, Mme Harris mène contre M. Trump dans le Michigan (50 contre 45 %) et de façon beaucoup moins tranchée dans le Wisconsin (48 contre 47 %).
Le candidat qui serait défait dans ces trois Etats perd pratiquement toute chance d'être élu au plan national. Donald Trump les avait remportés en 2016 et Joe Biden en 2020.
Revers des routiers
La vie-présidente n'a toutefois pas enregistré que des bonnes nouvelles ce mercredi : l'International Brotherhood of Teamsters, le puissant syndicat des chauffeurs routiers américain, a annoncé renoncer à apporter son soutien officiel à l'un des candidats, rompant avec un quart de siècle d'appui aux démocrates.
En effet le Parti démocrate a pu compter sur le fidèle soutien des Teamsters depuis l'an 2000 et c'est la première fois depuis 1996 que le syndicat choisit de ne pas choisir.
Des représentants de l'organisation syndicale, fédérant 1,3 million de membres, avaient rencontré lundi Mme Harris.
Deux sondages rendus publics mercredi par le syndicat montrent que sa base est favorable à un soutien à Donald Trump.
De son côté, le candidat républicain doit s'exprimer plus tard mercredi lors d'un meeting électoral organisé à Uniondale, une ville située sur Long Island, dans l'Etat de New York.
Pourquoi le milliardaire fait-il campagne dans cet Etat ne faisant pas partie des Etats-clés et qui devrait très vraisemblablement être remporté par Kamala Harris ? Car plusieurs sièges d'élus au Congrès y sont en jeu, qui pourraient décider du futur contrôle de la Chambre des représentants.
