Robert F. Kennedy Jr comme ministre de la Santé: le nouveau choix de Donald Trump qui inquiète
Le neveu du président assassiné John F. Kennedy a propagé des théories du complot, notamment sur les vaccins contre le Covid-19. Un choix de plus qui inquiète.

- Publié le 15-11-2024 à 08h32
- Mis à jour le 15-11-2024 à 14h03

Il a un nom mythique. Fils de Robert F. Kennedy, assassiné à Los Angeles en 1968, neveu du président John Fitzgerald Kennedy, assassiné à Dallas en 1963 et neveu du sénateur Edward "Ted" Kennedy (1932-2009). Trois figures majeures des Démocrates, une dynastie politique.
Robert Francis Kennedy Jr, 70 ans, sera le ministre de la Santé de Donald Trump. Le troisième des onze enfants de d'Ethel Kennedy et de Robert Francis Kennedy, est un militant anti-vaccination notoire. Il soutient la thèse d'un lien entre vaccination et autisme et préside l'organisation anti-vaccination World Mercury Project, devenue Children's Health Defense en 2018.
Ancien avocat en droit de l'environnement, Robert F. Kennedy Jr a fait sensation en 2018 en obtenant la condamnation historique de Monsanto à verser 289 millions de dollars à son client, Dwayne Johnson, qui tenait le glyphosate pour responsable de son cancer.
Il a été candidat à la dernière présidentielle, sur liste indépendante. Après avoir renoncé en août, il s'est rapidement rapproché de Donald Trump, qui a promis de le laisser "se déchaîner sur la Santé".
Adepte des théories du complot
Robert Francis Kennedy Jr a propagé des théories du complot, notamment sur les vaccins contre le Covid-19 comme sur de prétendus liens entre vaccination et autisme. Il réclame l'arrêt de l'ajout de fluor dans l'eau courante – mesure considérée par la communauté médicale comme l'une des plus grandes réussites sanitaires du XXe siècle aux États-Unis. Accro à l'héroïne dans sa jeunesse, il a raconté durant la campagne avoir un jour dû se faire retirer un ver du cerveau.
Il a particulièrement choqué quand, en accusant les autorités d'user des pandémies pour contrôler la population, il s'est risqué une comparaison avec le régime nazi, en affirmant que "dans l'Allemagne hitlérienne, on pouvait au moins se cacher dans les greniers comme l'a fait Anne Frank". Le musée d'Auschwitz avait réagi en déplorant "la triste expression d'une décrépitude morale et intellectuelle".
Richard E. Besser, ancien directeur par intérim du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention ou CDC), a déclaré que le choix de Robert Francis Kennedy Jr "poserait des risques incroyables pour la santé de la nation".
"Préparez vos valises"
En l'état actuel, le ministre de la Santé Kennedy supervisera un département de 80 000 employés réunissant treize services publics et gérant une centaine de programmes. Rappelons qu'Elon Musk, codirecteur du nouveau Département de l'efficacité gouvernementale, est chargé de dégraisser les services publics.
L'une des agences relevant du ministère de la Santé est la Food and Drugs Agency (FDA). Robert Francis Kennedy Jr a menacé de licencier les employés de la FDA qui ont mené, selon lui, une "guerre contre la santé publique".
Dans un message posté sur le réseau social X, quelques jours avant l'élection présidentielle, il prévenu les fonctionnaires de l'agence est le suivant : "1. conservez vos dossiers et 2. faites vos valises". Il a énuméré certains des produits qui, selon lui, ont fait l'objet d'une "suppression agressive" par la FDA, notamment l'ivermectine, le lait cru et les vitamines, ainsi que les thérapies à base de cellules souches et l'oxygène hyperbare.
Dans l'historiographie contemporaine, on considère que l'assassinat de son oncle JFK est à l'origine du complotisme moderne. Robert F. Kennedy Jr affirme que son père, le procureur général Robert F. Kennedy, pensait que le président Kennedy n'avait pas été assassiné par un tireur solitaire, et que, en dépit de ses déclarations publiques, il considérait le rapport Warren comme "un bricolage mal fichu" (a shoddy piece of craftsmanship).