Charles Michel sur sa mise à l'abri des missiles à Odessa: "J'ai vécu ce que des Ukrainiens vivent quotidiennement dans certaines villes"
Le président du Conseil européen nous raconte comment il a été forcé de s'abriter en raison de frappes de missiles alors qu'il était en pleine réunion avec le Premier ministre ukrainien.
- Publié le 09-05-2022 à 18h07
- Mis à jour le 10-05-2022 à 09h19

De passage à Odessa, une grande ville du sud de l'Ukraine, Charles Michel a été forcé de se mettre à l'abri. "Il y a eu beaucoup de sang-froid et de professionnalisme", raconte lundi soir le président du Conseil européen depuis l'aéroport de Bruxelles. "On était en tête à tête avec le Premier ministre [Denys Chmygal] et le service de sécurité nous a informés que des tirs de missiles étaient en cours. On a dû être orienté vers un bunker qui se trouvait dans le bâtiment officiel où je me situais pour la partie politique de la visite."
Encadrés par les équipes de sécurité ukrainiennes et celles du Conseil européen, le président du Conseil européen et l'homme d'Etat se sont mis à l'abri dans le bunker où ils ont poursuivi leur tête-à-tête "de façon tout à fait normale". "On a continué à évoquer tous les sujets dont on devait discuter ensemble qui touchent à la fois au soutien direct européen à l'Ukraine, mais également aux sanctions qui sont décidées pour la Russie", poursuit Charles Michel, qui pense être resté dans l'abri pendant une demi-heure. "Je n'ai pas la notion du temps", confesse-t-il.
Une réunion dans un format plus large s'est ensuite tenue avec les délégations respectives, suivie d'un point presse. Puis les dirigeants se sont rendus sur différents sites, notamment sur le site du port où le président du Conseil a pu constater les millions de tonnes de produits agricoles qui sont bloqués. "C'est une menace pour la sécurité alimentaire dans le monde !"

Charles Michel s'est rendu à Odessa en réponse à une invitation des autorités ukrainiennes qui lui proposaient de commémorer le 9 mai en Ukraine. Pour des raisons de sécurité, cette visite s'est préparée dans la discrétion.
"J'ai vécu ce que les Ukrainiens vivent quotidiennement dans certaines villes. Des alertes avec des tirs de missiles et avec des nécessités de mise à l'abri. Dimanche, 16 missiles ont été tirés dans la région d'Odessa. Au moment de l'alerte, entre deux et quatre missiles ont été tirés. Un a pu être intercepté par les batteries antiaériennes ukrainiennes. Et un autre aurait touché un hélicoptère ukrainien."