Guerre en Ukraine : frappe contre un immeuble civil à Kramatorsk

La frappe russe survenue mercredi soir a fait au moins trois morts.

Au moins trois personnes ont été tuées et une vingtaine blessées mercredi par un tir de missile russe sur un immeuble d'habitation à Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, a annoncé la police. "Trois personnes ont été tuées et vingt autres blessées" et "au moins huit immeubles d'habitation ont été endommagés, dont un complètement détruit. Des personnes pourraient se trouver sous les décombres", a indiqué la police de Donetsk.

"Plus d'une centaine de policiers sont à l'œuvre sur le lieu de l'attaque", a-t-elle précisé. Des journalistes de l'AFP ont vu deux corps là où les secours dégageaient les décombres.

"Des personnes pacifiques sont mortes et se trouvent sous les décombres", a écrit le président ukrainien Volodymyr Zelensky après le tir de roquette. "C'est la réalité quotidienne de la vie dans notre pays. Un pays frisant le mal absolu", a-t-il souligné.

La ville de Kramatorsk est située dans la région orientale de Donetsk. Des séparatistes soutenus par le Kremlin contrôlent partiellement depuis 2014 cette région industrielle, y compris sa principale ville, Donetsk.

Kyrylo Boudanov, le proche conseiller de Zelensky qui avait prédit la guerre en Ukraine: "J'avais presque peur que ça n'arrive pas"

La Russie célèbre jeudi les 80 ans de la victoire soviétique dans la bataille de Stalingrad, tournant de la Seconde guerre mondiale et symbole du patriotisme. Cette célébration prend une importance symbolique accrue à l'approche du premier anniversaire du déclenchement de l'invasion de l'Ukraine le 24 février.

Les forces russes ont récemment connu leur premier succès depuis de longs mois en prenant Soledar, une bourgade de l'est ukrainien. Et de nombreux observateurs jugent que Moscou prépare une nouvelle offensive majeure aux alentours du 24 février.

"Il faut que nous aussi nous soyons prêts au plus vite, et c'est pour ça que nous avons besoin d'armes, pour contenir l'ennemi" a insisté le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, invité mercredi soir sur la chaîne française BFMTV. "Nous ne sous-estimons pas notre ennemi. Nous voyons qu'il se prépare très sérieusement à l'offensive", a poursuivi M. Reznikov. "Nous pensons qu'étant donné qu'ils vivent dans la symbolique, ils vont essayer de tenter quelque chose aux alentours du 24 février", a-t-il poursuivi. Selon lui, "ils peuvent tenter une offensive à deux axes", dans le Dombass et le sud.

<p>Guerre en Ukraine : la situation au 1er février</p>
<p>Guerre en Ukraine : la situation au 1er février</p> ©AFP

Après une série de revers humiliants à l'automne, la Russie a mobilisé des centaines de milliers de réservistes. Associée au groupe paramilitaire Wagner, l'armée russe a aussi intensifié les combats, notamment pour prendre Bakhmout, ville de l'Est qu'elle pilonne depuis l'été.

Plus au sud, la Russie a aussi entrepris une offensive sur Vougledar. "Plus le temps passe, plus la situation empire", a dit à l'AFP Oleksandre, 45 ans, un soldat ukrainien qui tire au mortier depuis son poste installé à cinq kilomètres de cette ville.

Face à cette menace, l'Ukraine est engagée dans une course contre la montre pour obtenir des armements plus puissants. Elle veut en particulier des missiles de haute précision d'une portée de plus de 100 kilomètres pour détruire les lignes d'approvisionnement russes afin de surmonter son déficit en nombre d'hommes et en armement.

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