Violence, chômage, addictions… la Russie commence à penser à "l'après" des soldats impliqués dans la guerre en Ukraine
En cas de cessez-le-feu, la Russie serait confrontée à de nouveaux défis. Parmi eux, le retour des soldats au pays.

- Publié le 17-03-2025 à 18h34
- Mis à jour le 18-03-2025 à 11h37

Si Kiev a accepté le principe d'une trêve inconditionnelle de 30 jours à condition que Moscou mette fin à ses attaques dans l'est de l'Ukraine, la Russie n'a, pour l'instant, accepté aucune trêve. Le Kremlin y a imposé des conditions comme la cession par l'Ukraine de cinq régions annexées par la Russie, l'abandon des ambitions de Kiev de rejoindre l'Otan et le démantèlement du pouvoir ukrainien en place. Après l'échange entre Marco Rubio et Sergueï Lavrov, l'émissaire américain Steve Witkoff a déclaré cette semaine sur CNN que Donald Trump et Vladimir Poutine allaient "discuter" cette semaine de l'Ukraine de la proposition de trêve. Dans le cas où un cessez-le-feu aboutirait, la Russie serait confrontée à des nouveaux défis et notamment celui du retour de centaines de milliers de soldats.
Selon Meduza, les autorités russes sont bien conscientes des difficultés qui les attendent et les responsables se préparent déjà à celles-ci. Le média rapporte les explications des spécialistes travaillant sur les programmes de réadaptation pour les vétérans de guerre russes. Retrouver son quotidien après s'être battu au front peut provoquer du stress post-traumatique et des tendances violentes. Cela pourrait impacter la vie des soldats de diverses manières.
Les addictions
Selon les experts de Faridaily, les soldats encourent le risque de développer des addictions à la drogue ou à l'alcool. Ces substances pourraient les attirer comme moyen de réduire leurs angoisses et surmonter leurs traumatismes. Les experts expliquent : "La première année après la guerre sera une année de forte consommation d'alcool." D'ailleurs, un spécialiste de la réadaptation des anciens combattants affirme qu'un grand nombre de ceux qui sont déjà revenus du front, surtout dans les zones rurales, boivent de l'alcool avec excès.
L'emploi
Les soldats russes reviennent souvent en ayant gagné beaucoup de roubles, l'équivalent de dizaines de milliers de dollars grâce à leurs contrats militaires. Ils pourraient donc avoir des réticences à l'idée d'obtenir des emplois plus traditionnels, moins rémunérés, et donc d'être au chômage, voire de contracter de nouveaux emprunts. Selon les experts de Faridaily, les employeurs, ne peuvent pas aisément licencier des anciens combattants. Cependant, du fait de leur possible alcoolisme, et de leurs tendances possiblement violentes, ils pourraient avoir des comportements problématiques sur leur lieu de travail. Une source du ministère du Travail affirme que : "Dans le meilleur des cas, ils seront payés simplement pour rester loin du travail".
La vie familiale
Sur le front, les soldats sont forcément confrontés à la violence et risquent de développer des tendances violentes dans leur quotidien, notamment dans leur vie familiale. Selon les experts, il faut au moins un ou deux ans avant de retrouver une vie familiale "normale" après un stress post-traumatique. Le ministère du travail prévoit également une augmentation du nombre de grossesses non désirées. Un groupe de travail s'attend également à un "baby-boom" d'après guerre.
Le média Meduza explique que Poutine aurait chargé sa nièce, Anna Tsivileva, de s'occuper de l'" après guerre" pour les soldats en créant la fondation "Défenseurs de la Patrie". Une personne de la fondation explique : "Les vétérans de la guerre en Ukraine ne doivent pas finir à la dérive comme les vétérans de la guerre d'Afghanistan des années 1990".