Qui est Zakaria Zoubeidi, figure emblématique de la lutte armée palestinienne, libéré à l'occasion de l'accord de trêve entre Israël et le Hamas
Zakaria Zoubeidi est l'ancien chef de la branche armée du Fatah.

- Publié le 31-01-2025 à 20h12

Figure emblématique de la lutte armée palestinienne, Zakaria Zoubeidi a été libéré jeudi à l'occasion de l'accord de trêve entre Israël et le Hamas, après avoir été incarcéré pendant des années, notamment pour "meurtre". Le crâne rasé, souriant et faisant le V de la victoire, il a été porté en triomphe par la foule à sa descente du bus de la Croix-Rouge l'ayant accompagné de la prison militaire israélienne d'Ofer jusqu'à Ramallah, en Cisjordanie occupée.
Cet homme de 49 ans est un visage connu depuis la Seconde Intifada, le soulèvement palestinien de 2000 à 2005. Originaire du camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, il s'est illustré comme l'un des principaux dirigeants des Brigades des martyrs d'al-Aqsa, groupe armé issu du Fatah créé en 2000.
Né en 1965, M. Zoubeidi a grandi dans les rues du camp de Jénine, l'un des 19 créés en Cisjordanie pour accueillir les Palestiniens contraints à l'exode lors de la guerre ayant accompagné la création de l'Etat d'Israël en 1948.
Enfant, il fréquente la "Maison d'Arna", communauté et théâtre fondé par la militante israélienne Arna Mer-Khamis pour accueillir les jeunes du camp, et situé dans l'immeuble où vit la famille Zoubeidi.
Il affirme qu'il a été blessé à la jambe par l'armée israélienne à l'âge de 13 ans, lors d'une opération militaire dans le camp. Il dit avoir été une nouvelle fois blessé au cours d'une "opération militaire" en 2001. En 2002, après un attentat suicide particulièrement meurtrier à Netanya, dans le centre d'Israël, revendiqué par le mouvement islamiste Hamas, l'armée israélienne lance une vaste opération en Cisjordanie occupée. Le camp de Jénine en sort dévasté à l'issue d'une bataille particulièrement violente. La mère de Zakaria et un de ses frères y sont tués. Selon l'autorité pénitentiaire, il a notamment été condamné pour "homicide volontaire", "pose d'un engin explosif", "attaque à main armée" et "tentative de meurtre". Désormais libre, ses proches affirment qu'il souhaite se rendre sur la tombe de son fils aîné, tué lors d'un raid aérien israélien sur un véhicule à Jénine en septembre 2024, avec quatre autres jeunes hommes.
