"Les négociations avancent" : fin des pourparlers nucléaires Iran-USA à Rome, une nouvelle rencontre prévue le 26 avril à Oman

Les pourparlers sur le nucléaire entre l'Iran et les Etats-Unis ont pris fin ce samedi après quatre heures de discussions.

In this handout video grab taken from a footage released by the Italian Foreign Ministry on April 19, 2025, Italy's Foreign Minister Antonio Tajani (R) shakes hands with International Atomic Energy Agency (IAEA) Director General Rafael Grossi at the Italian Foreign Ministry in Rome. (Photo by Handout / ITALIAN FOREIGN MINISTRY / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO /  ITALIAN FOREIGN MINISTRY / BYLINE" - HANDOUT - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Nucléaire : fin des pourparlers Iran-USA à Rome, une nouvelle rencontre prévue samedi prochain

L'Iran et les Etats-Unis ont terminé dans l'après-midi à Rome une nouvelle session de pourparlers indirects sur le programme nucléaire iranien, une semaine après de premiers échanges qualifiés de "constructifs" par les deux pays, ennemis depuis la Révolution islamique de 1979. "L'atmosphère des discussions a été constructive", a indiqué une envoyée spéciale de la télévision d'Etat.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les deux délégations s'étaient installées "dans deux salles différentes" de la résidence de l'ambassadeur d'Oman à Rome et que le chef de la diplomatie du sultanat du Golfe avait assuré la médiation.

Ces pourparlers ont été menés sous médiation du sultanat d'Oman par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l'émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. Les discussions ont débuté vers 09H30 GMT, selon la télévision d'Etat iranienne et un responsable américain.

La télévision iranienne comme l'agence de presse Tasnim ont fait état d'une "atmosphère constructive".

Entre pressions et inconnues, l'Iran et les États-Unis s'apprêtent à négocier un autre accord nucléaire

"Pression maximale"

Il s'agissait de la deuxième réunion à ce niveau depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis, en 2018, sous la première présidence de Donald Trump, de l'accord international qui prévoyait un encadrement des activités nucléaires de l'Iran en échange d'une levée des sanctions internationales.

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a relancé sa politique dite de "pression maximale" contre l'Iran, avec lequel les Etats-Unis n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Il a appelé en mars Téhéran à négocier un nouvel accord mais a menacé de bombarder l'Iran en cas d'échec de la diplomatie.

M. Trump a toutefois affirmé jeudi qu'il n'était "pas pressé" d'utiliser l'option militaire. "Je pense que l'Iran veut discuter", a-t-il souligné.

Avant les discussions de samedi, M. Araghchi avait fait part de ses "sérieux doutes" quant aux intentions des Etats-Unis : "Nous sommes conscients que le chemin" vers un accord "n'est pas sans embûches", a écrit samedi sur X Esmaïl Baghaï.

Les pays occidentaux et Israël, ennemi juré de Téhéran et considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Téhéran rejette ces allégations et défend un droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour l'énergie.

Dans un entretien au journal français Le Monde publié mercredi, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a affirmé que l'Iran n'était "pas loin" de disposer de la bombe atomique.

Après le retrait américain de l'accord de 2015 et le rétablissement de sanctions américaines, Téhéran a pris progressivement ses distances avec le texte.

Le pays enrichit désormais de l'uranium jusqu'à 60 %, bien au-dessus du plafond de 3,67 % fixé par l'accord, restant toutefois en-deçà du seuil des 90 % nécessaires à la fabrication de l'arme atomique, selon l'AIEA.

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a appelé vendredi les Européens à prendre rapidement une "décision importante" concernant le "rétablissement des sanctions" internationales à l'encontre de l'Iran.

"Lignes rouges"

L'Iran insiste pour que les pourparlers se limitent au nucléaire et à la levée des sanctions et considère comme une "ligne rouge" toute discussion qui porterait sur un démantèlement total de son programme nucléaire.

Aucun sujet autre que le nucléaire n'a été abordé samedi par les Etats-Unis, a affirmé M. Araghchi. "Les Américains n'ont jusqu'à présent soulevé aucune discussion en dehors de la question du nucléaire" iranien, a-t-il déclaré à Tasnim.

Certains médias spéculaient sur le fait que le programme balistique de l'Iran ou son soutien à des groupes armés hostiles à Israël, dont le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen, figureraient au menu des discussions.

M. Araghchi a encore mis en garde vendredi les Etats-Unis contre "des demandes déraisonnables", après que M. Witkoff a réclamé en début de semaine un démantèlement total du programme nucléaire iranien.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont eux exclu toute discussion sur les capacités militaires et de défense, dont le programme balistique qui inquiète à l'international.

L'influence régionale de l'Iran figure aussi parmi "les lignes rouges" du pays, selon l'agence de presse officielle Irna.

La menace d'actions militaires contre l'Iran ouvre un débat en interne sur l'arme nucléaire.

Nouvelles discussions prévues le 26 avril

L'Iran et les Etats-Unis tiendront une troisième session de pourparlers sur le nucléaire samedi prochain à Oman, a indiqué le porte-parole de la diplomatie iranienne." Les deux parties sont convenus de poursuivre ces discussions indirectes dans quelques jours au niveau technique, avant d'en organiser une autre […] le 26 avril à Oman", a écrit sur X Esmaïl Baghaï.

"Les négociations avancent", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, après cette deuxième série de pourparlers via une médiation du sultanat d'Oman. "C'était une bonne réunion", a-t-il ajouté.

"Nous nous retrouverons samedi prochain à Oman", a annoncé M. Araghchi à la télévision d'Etat iranienne, en précisant que "des discussions techniques au niveau des experts débuteront mercredi".

Selon la diplomatie omanaise, Téhéran et Washington cherchent un accord "équitable, durable et contraignant", qui assurera "un Iran sans arme nucléaire et sans sanctions".

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...