À Gaza, l'heure n'est pas au cessez-le-feu, mais bien à "l'arrogance" d'Israël
Les principaux États arabes de la région ont dénoncé l'attitude du gouvernement israélien et son rejet des efforts de paix.

- Publié le 02-06-2025 à 19h10

Près de vingt mois après le début de la guerre de Gaza suite aux attaques terroristes du 7 Octobre menées par le Hamas en Israël, le Moyen-Orient est désormais on ne peut plus éloigné de la normalisation envisagée jusqu'alors entre l'Arabie saoudite et l'État hébreu. Dans un nouvel accès de dédain vexatoire, le gouvernement israélien a refusé samedi qu'une délégation ministérielle arabe se rende à Ramallah, chef-lieu de la Cisjordanie occupée, afin d'y rencontrer les principaux représentants de l'Autorité palestinienne.
Le chef de la diplomatie saoudienne, Faïçal ben Farhan Al Saoud, qui fait partie de cette commission ministérielle, a dénoncé l'attitude du gouvernement Netanyahou qui, par sa décision "arrogante", montre l'étendue de son "extrémisme" et de "son rejet de la paix". "Le gouvernement israélien continue de tuer tous les espoirs de paix dans la région", a renchéri son homologue jordanien, Ayman al Safadi, lors d'une conférence de presse conjointe, dimanche à Amman.
Rencontre royale
Par conséquent, le comité composé par les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Égypte, de Jordanie et de Bahreïn, ainsi que du secrétaire de la Ligue arabe, a tenu sa réunion à distance dimanche depuis la capitale jordanienne, par visioconférence, avec le président palestinien Mahmoud Abbas, son adjoint Hussein al Sheikh et son Premier ministre Mohammed Mustapha. Le groupe avait préalablement rencontré le roi Abdallah II pour discuter des efforts en faveur d'un cessez-le-feu et du plan d'après-guerre pour Gaza.
Le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty, a quant à lui plaidé dimanche pour une cessation immédiate de "l'agression d'Israël sur la bande de Gaza", dans un échange téléphonique avec l'envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. Le ministre égyptien, pour qui la communauté internationale doit donner la priorité à l'état de santé des Palestiniens en souffrance, a appelé à la distribution sans entraves de l'aide humanitaire dans tout le territoire. Tout en soulignant son opposition à tout déplacement des Palestiniens hors de la bande de Gaza comme de la Cisjordanie.
Faire avancer la solution à deux États
Cette commission ministérielle, qu'Israël n'a pas autorisée à se rendre dimanche en Cisjordanie, est une émanation du Sommet extraordinaire conjoint que la Ligue arabe et l'Organisation de la coopération islamique avaient tenu en novembre 2023 à Riyad sur la guerre à Gaza, qui avait commencé un mois plus tôt, et ses conséquences humanitaires.
Le Hamas avait appelé, en mars dernier, les pays arabes et islamiques à accroître la pression au sein des instances internationales, et en particulier au niveau du Conseil de sécurité de l'Onu, en menant "une action urgente" visant à mettre en place immédiatement des mesures à même d'arrêter "l'agression et le génocide" des Palestiniens de la bande de Gaza.
Le comité ministériel, qui prône une résolution politique du conflit qui garantisse le respect des droits du peuple palestinien à obtenir leur État, a également discuté des préparatifs de la Conférence internationale sur la solution à deux États pour Israël et la Palestine, qui se tiendra du 17 au 20 juin prochains au siège des Nations unies à New York et sera coprésidée par l'Arabie saoudite et la France. L'objectif de l'événement est de faire progresser la solution à deux États vivant en paix et en sécurité côte à côte, en particulier en obtenant la plus large reconnaissance de l'État de Palestine par les États membres – 149 sur 193 y ont déjà procédé à ce jour.