Israël étend le champ de ses opérations dans le sud du Liban et dans la bande de Gaza
L'armée israélienne intensifie sa pression sur ses ennemis islamistes, entre autres avec l'élimination d'un haut commandant du Hamas.

- Publié le 27-05-2026 à 19h41

L'interminable et incontrôlable guerre menée par Israël face au Hamas palestinien et au Hezbollah libanais se poursuit plus que jamais en dépit des cessez-le-feu conclus et des lignes de démarcation imposées. L'armée israélienne a encore intensifié, mercredi, ses opérations visant à réduire les capacités militaires et opérationnelles du mouvement islamiste chiite. Et ce, désormais au-delà de la ligne jaune délimitant la zone tampon qu'elle occupe depuis plusieurs mois dans le sud du Liban – et où elle détruit systématiquement les villages et toutes constructions.
Le Hezbollah a quant à lui fait état de combats "directs" avec l'armée israélienne dans le sud du pays, au-delà de cette zone. Le "parti de Dieu" a revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drones contre des forces israéliennes tentant de s'infiltrer dans la localité de Zawtar el-Charqiyé. Celle-ci est située à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie à une dizaine de kilomètres de la frontière. La bourgade est de plus située au nord du fleuve Litani, qui délimite une zone considérée comme démilitarisée dans les résolutions de l'Onu.
Cent cinquante cibles
En pleine extension de ses opérations, Israël a appelé mercredi à l'évacuation de la ville de Tyr. Mardi, ses bombardements sur le sud et l'est du Liban, où son armée avait appelé à l'évacuation de plus de cinquante localités (dont la grande ville méridionale de Nabatiyé), ont fait au moins 31 morts, selon les autorités libanaises.
Ces dernières vingt-quatre heures, Tsahal a précisé avoir bombardé plus de cent cinquante cibles, dépôts de munitions, sites de tir, et autres infrastructures militaires, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé ainsi que dans la vallée de la Bekaa. Cette offensive, qui a suivi un discours très ferme du Premier ministre Benjamin Netanyahou, est l'une des plus intenses depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril, vaine tentative d'enrayer la guerre reprise le 2 mars dernier.
Principal architecte
Dans la bande de Gaza, l'armée israélienne mène aussi ses opérations au-delà de la ligne jaune délimitant une "zone de sécurité" représentant désormais 60 pour cent du territoire palestinien. Tsahal et le service de renseignement intérieur Shin Bet ont éliminé mardi soir à Gaza-City l'un des principaux commandant du mouvement islamiste Hamas. Présenté par Israël comme le nouveau chef de la branche armée du groupe palestinien, Mohammed Odeh, numéro 4 des brigades Ezzedine al Qassam, se trouvait dans son appartement situé au dernier étage d'un immeuble du quartier de Rima (ouest de la ville). Le bombardement ciblé de Tsahal a également tué sa femme et son fils, ainsi qu'au moins trois autres personnes, et blessé vingt personnes, d'après la défense civile gazaouie.
Selon Israël, Mohammed Odeh dirigeait le renseignement militaire du Hamas lors des attaques du 7-Octobre en Israël, dont il a été l'un des "principaux architectes". Le Hamas confirme que ce responsable a bien participé à la conception et à la planification de cette attaque en Israël, accompagnée de nombreux massacres, ayant entraîné la mort de 1 221 personnes, en majorité des civils. Il est le deuxième haut commandant du Hamas qu'Israël "élimine" en dix jours, après qu'une "frappe ciblée" a tué Ezzedine al Haddad le 16 mai.