L'Iran et les États-Unis pressent la gâchette puis se ravisent pour tenter de finaliser un accord
Un accord-cadre portant sur une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours n'attendrait plus que la signature de Donald Trump.

- Publié le 28-05-2026 à 19h13

Le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis a vacillé durant quelques heures dans la nuit de mercredi à jeudi alors que Téhéran et Washington négocient toujours âprement un accord censé mettre fin à la guerre déclarée le 28 février.
Ces escarmouches, les plus violentes depuis la trêve entrée en vigueur le 10 avril, ont coïncidé avec les trois mois d'un conflit qui s'est mué en bras de fer à la faveur de la paralysie du très stratégique détroit d'Ormuz. Malgré les divergences qui règnent dans les pourparlers actuels, au moins les deux belligérants se sont-ils entendus pour s'accuser l'un l'autre d'avoir violé le cessez-le-feu.
Ces incidents militaires ont-ils constitué un électrochoc ou étaient-ils l'expression de la tension extrême annonciatrice d'un accord ? Jeudi en fin de journée, le site américain Axios rapportait que l'Iran et les États-Unis étaient parvenus à un accord portant sur une prolongation de soixante jours du cessez-le-feu et le lancement de négociations détaillées sur le programme nucléaire iranien. Ce "protocole d'accord" devait encore être soumis à l'approbation finale de Donald Trump, précisait Axios sur base d'informations obtenues auprès de deux sources officielles américaines et d'une source régionale, toutes sous couvert d'anonymat.
Attaques "choquantes"
Un tel accord représenterait la plus importante avancée diplomatique depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran.
Les États-Unis ont expliqué jeudi avoir répliqué plusieurs heures après une "violation choquante" de la trêve survenue après que "les forces iraniennes eurent lancé cinq drones d'attaque qui ont exposé (la navigation, NdlR) à une menace évidente dans les alentours du détroit d'Ormuz". Un responsable gouvernemental américain cité par Reuters a précisé que les États-Unis avaient abattu quatre drones d'attaque iraniens et bombardé une station de contrôle au sol dans la ville portuaire de Bandar Abbass, dans le sud de l'Iran, qui s'apprêtait à lancer un cinquième drone.
Selon l'armée iranienne, quatre navires auraient tenté de traverser le détroit d'Ormuz sans autorisation. L'Iran aurait alors tiré des "coups de semonce", ce à quoi les États-Unis ont réagi en lançant des attaques. Les Gardiens de la révolution iraniens ont confirmé avoir ensuite pris pour cible, jeudi à l'aube, une base américaine dans le golfe Persique, sans préciser où celle-ci se trouvait.
Washington menace le sultanat d'Oman
L'armée idéologique de la République islamique a promis une "riposte ferme" en cas de nouvelle attaque. De son côté, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé que les États-Unis et Israël cherchaient à diviser la nation iranienne. "Le plan aveugle de l'ennemi […] est de créer la division et la destruction afin de pallier ses défaites militaires, et de mettre la nation à genoux", a indiqué Mojtaba Khamenei dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'État.
Sans donner de détails, le Koweit a fermement condamné les "attaques criminelles iraniennes" aux drones et aux missiles qui ont ciblé son territoire. L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont dénoncé respectivement des bombardements iraniens "traîtres" et "terroristes" contre l'un de leur voisin.
Par ailleurs, le ministre américain des Finances Scott Bessent a menacé jeudi de sanctionner le sultanat d'Oman, un allié des États-Unis, en cas de coopération avec Téhéran pour le contrôle du détroit d'Ormuz. "Le gouvernement des États-Unis ne tolérera aucune tentative visant à instaurer un système de péage dans le détroit d'Ormuz", a écrit le secrétaire au Trésor Scott Bessent sur X. Le président Donald Trump avait déjà promis la veille de "faire exploser" le sultanat s'il choisissait de contrôler le détroit d'Ormuz avec l'Iran.