L'urgente nécessité d'arrêter la guerre d'Iran
Un édito de Vincent Braun.

- Publié le 12-04-2026 à 22h05
- Mis à jour le 13-04-2026 à 07h59

La méfiance et la suspicion ont engendré un échec retentissant. Les négociations de ce week-end à Islamabad entre les États-Unis et l'Iran pour consolider le cessez-le-feu de quinze jours ne resteront pas dans les annales de la diplomatie tant il n'y a visiblement rien à sauver. Si personne n'escomptait vraiment d'accord lors de ces premiers pourparlers après cinq semaines et demie de combats, c'est l'intransigeance des positions observées de part et d'autre qui frappe. Les États-Unis voulaient obtenir la "promesse ferme" que l'Iran abandonnera son programme nucléaire et son volet militaire suspecté. Mais Téhéran se révèle plus que jamais réticent à lâcher du lest sur ce dossier devenu un symbole de sa résistance face à l'Occident.
Cela fait vingt-cinq ans que la République islamique joue d'ambiguïté dans ce dossier, ayant bien compris que la préoccupation majeure des grandes puissances nucléaires pour la non-prolifération lui donne un levier de pression inégalable sur la communauté internationale. Et ce n'est pas la capacité de résistance de ses forces armées et de son régime politique face à la pression militaire américaine et israélienne depuis quelques semaines qui va infléchir son positionnement. Bien au contraire, cette capacité de survie à l'épreuve du feu ne peut que lui donner un peu plus d'allant diplomatique pour faire monter les enchères.
Quoi qu'en dise le vice-président JD Vance, l'échec des négociations est donc loin d'être une plus "mauvaise nouvelle" pour l'Iran que pour les États-Unis. Sur le plan militaire, Téhéran peut encore craindre des destructions mais a montré qu'il peut encaisser et frapper à son tour, de manière ciblée et là où cela fait mal, pour le monde entier. Le blocage du détroit d'Ormuz est une épine qui a commencé à diffuser son poison sur la planète entière. Et même Donald Trump n'a aucun intérêt à laisser cette situation perdurer longtemps. Les élections de mi-mandat sont déjà largement hypothéquées en raison de cette guerre bien impopulaire dans son pays.
D'où l'urgente nécessité pour les deux parties de délaisser les postures, les combats d'arrière-garde et de privilégier le compromis. Il en va de l'intérêt de l'humanité entière, qui vient de prouver qu'elle peut encore décrocher la Lune et, surtout, prendre de la hauteur pour contempler sa planète, la seule dont le salut mérite une guerre.