A Tubize, un nouveau fait divers survenu le soir du Nouvel An fait grincer des dents, le bourgmestre en colère promet de réagir
Les forces de police ont fait face à un guet-apens lors du passage à l'An neuf, réveillant les questions de sécurités. Pour le bourgmestre, ce sera "tolérance 0".
- Publié le 06-01-2025 à 08h20
- Mis à jour le 06-01-2025 à 08h21

Lors du soir du Nouvel An, la police de la zone Ouest Brabant wallon a été prise dans un guet-apens à Tubize. Les faits se sont produits dans le quartier Saint-Jean, aussi connu comme le "quartier Texas", situé dans la section de Clabecq. De quoi relancer la question de la sécurité, fréquemment en débat sur les réseaux et dans les commerces de la commune.
Présent lors des échauffourées, le bourgmestre Samuel D'Orazio (MR) revient sur les faits, parlant de "rébellion". Il explique qu'une bande d'une vingtaine de jeunes ont bloqué la rue avec des barrières dérobées sur un chantier avant de se munir de briques sur le même chantier pour caillasser fenêtres et vitres des voitures. À l'arrivée des forces de police (en véhicules banalisés), la bande les a attaquées avec les briques, de même que des feux d'artifice. La confrontation a duré trois heures.
Le surlendemain de cet évènement, comment les habitants de la cité du Betchard ressentent-ils la situation ? "La sécurité… il n'y a plus rien, c'est fini à Tubize", déclare d'emblée Pedro dans un des cafés du centre-ville. Une cliente annonce dans la foulée : "C'est la raison pour laquelle j'ai quitté Tubize".
Quand vous êtes garés et dépassez la ligne de 20 cm, la police est là pour prendre les photos et repartir. Alors que quand on appelle à 13h pour une vitrine brisée, ils font leur boulot mais n'arrivent qu'à 14h.
Ici, chacun à une histoire sur un cas d'agression. Voire plusieurs. Et tous connaissent les différents lieux de deals et endroits à ne pas fréquenter au risque de se faire agresser, comme dans le passage de la gare. La question anime aussi le reste du café. "À certaines heures, on n'ose plus prendre certaines rues", annonce Olivier. "La police ne sait plus rien faire", poursuit Yves, qui ironise sur la situation : "Je suis croque-mort. Donc plus de morts, ça fait plus de boulot". Les discussions reviennent également sur le travail de la police. "Quand vous êtes garés et dépassez la ligne de 20 cm, ils sont là pour prendre les photos et repartir", ressort-il de plusieurs bouches. "Alors que quand on appelle à 13h pour une vitrine brisée, ils font leur boulot mais n'arrivent qu'à 14h", raconte Pedro.
La conversation bifurque également sur la vente de stupéfiants. "Vous allez Grand'Place le week-end au soir et vous tombez sur les 'commerçants de farine' et vous n'osez pas passer", entend-on. Un autre Olivier se veut plus optimiste sur la situation à venir, maintenant que la majorité communale a changé. "Ça va bouger mais ils (les délinquants) vont réagir. Certains vont f*** le b*** pour s'imposer. Ça va changer mais il faudra minimum un an pour voir la différence". Concernant la réaction de la police, lui aussi constate une forme de "deux poids, deux mesures" en fonction de qui est contrôlé. Il y voit, comme les autres, une certaine peur des forces de l'ordre face à certaines problématiques.

Librairie braquée "plusieurs fois"
Pour conclure, Laurent aborde le cas de certains commerces. "Il y avait une librairie juste au coin avec la gare. Elle s'est fait braquer plusieurs fois et depuis elle a fermé. Mais vous pouvez encore voir les barreaux installés à la vitrine".
Dans les commerces justement, quel est le climat ? Dans l'un d'entre eux, on nous explique avoir été cambriolé une fois et braqué une seconde. Au point que la vendeuse a été séquestrée par le braqueur. "Mais depuis, il a été arrêté et est en prison. La police a fait son boulot et désormais, on a sécurisé notre entrée". En effet, la porte est verrouillée et ne s'ouvre que de l'intérieur, alors qu'une signalétique n'en autorise l'entrée que sous certaines conditions.

"Je ne veux pas que la peur change de camp"
Le bourgmestre revient quant à lui sur l'affaire du guet-apens au quartier Saint-Jean. "Ces dernières 48h, ma position s'est radicalisée. Sur la sécurité, ce sera tolérance 0", insiste-t-il non sans une pointe de colère après cette nuit chahutée. Il s'étonne au passage de savoir que cette situation est connue comme "une coutume", qui a lieu depuis 10 ans, sans que rien ne soit fait. "D'où la volonté de renforcer les campagnes contre la drogue et la violence, ce qui va souvent de pair. Ensuite, fini la discussion ! On part sur la répression car pour les Tubiziens, cette insécurité, on la craint". La priorité est désormais de mise sur ces points, en plus de placer un maximum de caméras de surveillance dans l'espace public.

Ces dernières 48h ma position s'est radicalisée. Fini la discussion! On part sur la répression car pour les Tubiziens, cette insécurité, on la craint.
Samuel D'Orazio reconnaît également l'impact des différentes bandes "qui empêchent le développement de notre commune", tout en ajoutant : "Je ne veux pas que la peur change de camp", suggérant que ce sont les délinquants qui doivent craindre les forces de l'ordre et non l'inverse. Pour cela, il annonce faire de la sécurité la priorité numéro un, "car tout découle de là".