Pourquoi le plan "Grand Froid" n'a pas été activé à Bruxelles?
Malgré le froid et la neige, les températures n'étaient pas assez "extrêmes" pour activer le plan "Grand Froid Extrême". La température va remonter dans les prochains jours.
- Publié le 22-11-2024 à 14h01

Les premiers flocons de neige sont tombés ce mardi soir sur la capitale. Le léger manteau blanc recouvrant toujours les voiries bruxelloises au réveil témoignait des températures hivernales qui ont pris place. Avec ces conditions, le sort des sans chez-soi interpelle d'autant plus.
En Wallonie, le plan "Grand Froid" est entré en vigueur le 1er novembre. En Région bruxelloise, le plan "Grand Froid Extrême" coordonné par Bruss'Help, n'a pas été activé, nous confirme le cabinet d'Alain Maron (Écolo), ministre bruxellois en charge de l'Action sociale. "Il ne s'agit pas des mêmes mesures. Pour déclencher le plan Grand Froid Extrême chez nous, il faut des prévisions qui annoncent des températures de minimum -4° en journée, pendant trois jours consécutifs, ce qui n'est pas le cas cette semaine. Les conditions n'étaient donc pas réunies."
Des centres ouverts si besoin
Si le plan "Grand Froid Extrême" n'est pas encore activé, plusieurs structures sont d'ores et déjà prêtes à accueillir les plus vulnérables dès que les températures chuteront de manière prolongée. "L'accueil d'urgence reste ouvert, mais fait face à une saturation", ajoute le cabinet du ministre.
Lorsque ce plan sera activé, une aide volontaire sera proposée aux personnes sans-abri, en complément des dispositifs existants. L'activation de ce plan sera pilotée par Bruss'help, en concertation avec les cabinets concernés, et pourra durer jusqu'à 30 jours, renouvelable en fonction des besoins.
Depuis début novembre, le Centre hiver Train Hostel, géré par la Croix-Rouge de Belgique, offre un toit à ceux qui en ont besoin. Ce centre, qui restera ouvert jusqu'à la fin mars, dispose de 104 places, dont 90 destinées aux familles et 14 pour les hommes seuls.
Problème : le centre est complet. "Une solution qui malheureusement, n'est pas annoncée comme pérenne. Des familles, dont des bébés de quelques mois, sont hébergées dans l'urgence, en ayant cette épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes car le centre risque à nouveau de fermer dans cinq mois", souligne la Croix-Rouge.
Lorsque les conditions préconiseront la mise en vigueur du plan "Grand Froid Extrême", la Croix-Rouge mettra à disposition 150 places pour hommes seuls dans un centre encore à confirmer, tandis que le Samusocial proposera 35 à 50 places supplémentaires, avec des aménagements pour les personnes vulnérables et les femmes et familles.
Des maraudes quotidiennes
Du côté de la Croix-Rouge, les mesures prises pour lutter contre le froid et soutenir les plus vulnérables se multiplient. Chaque jour, 11 sections locales réalisent des maraudes dans la capitale pour apporter de l'aide et du réconfort à ceux qui en ont besoin avec distribution de boissons chaudes, de nourriture, de vêtements et de couvertures, ainsi que de petits soins de première nécessité. Parallèlement, deux chauffoirs/accueils de jour offrent un refuge temporaire pour se réchauffer, manger et partager un moment convivial.
Le bar à soupe de la Croix-Rouge de Woluwe-Saint-Pierre, ouvert tous les dimanches, accueille en moyenne 25 personnes, tandis que le chauffoir de Saint-Gilles a vu sa fréquentation exploser, passant de 30 à 80 visiteurs hebdomadaires. La fréquentation du Hub Humanitaire augmente aussi de manière considérable, avec en moyenne 350 personnes par jour, dont 40 à 50 familles sans solution d'hébergement chaque mois.
Métros et gare du Midi accessibles
Dans le cadre du plan hivernal, la Stib et la SNCB réactivent également leurs dispositifs de tolérance pour les sans-abri dans les stations de métro et du côté de la gare du Midi, lorsque les températures sont égales ou inférieures à zéro. Ce plan permet aux personnes en errance de rester dans les espaces publics des stations, à l'abri du froid, pendant et en dehors des heures d'exploitation. "On tolère leur présence, dans les zones en dehors des espaces contrôlés, lorsque les températures sont basses comme cette semaine. On collabore avec les autorités pour leur trouver des solutions dans des logements adéquats, car dormir dans les stations n'est pas une situation adéquate", souligne la Stib.
Pour le Siamu, on note peu d'interventions liées aux conditions météo mardi soir. "Nous avons été appelés pour une chute sur la voie publique suite aux conditions glissantes qui a eu pour conséquences des blessures au visage, et pour une dame frigorifiée qui avait perdu ses clés et qui errait dans la rue", nous signale Walter Derieuw, porte-parole des pompiers de Bruxelles.
Un camp de fortune hébergeant 12 enfants démantelé à Ixelles
Les communes bruxelloises, quant à elles, tentent de coordonner leurs propres dispositifs pour faire face aux rigueurs de l'hiver. Certaines dispositions sont encore en discussion, mais les autorités locales s'efforcent de mettre en place un soutien adapté, en complément des initiatives régionales et fédérales.
Ixelles est cependant intervenue ce mercredi matin. Le bourgmestre Christos Doulkeridis (Écolo) a ordonné l'évacuation d'un camp de fortune habité par plusieurs familles avec enfants de la communauté Rom depuis le mois d'août, indique nos confrères de Bruzz.
Le campement de tentes était situé dans le quartier des Étangs, au pied de l'église du Saint-Sacrement d'Ixelles. "Des enfants dormaient dans le camp, nous ne voulions prendre aucun risque avec ces températures basses", a précisé le mayeur sortant à Bruzz. La commune ne sait cependant pas où est parti le groupe composé d'une vingtaine de personnes, dont douze enfants.