Tensions au sein de l'Arizona : sur le plan Grands Froids, Yvan Verougstraete poursuit sa "particip-distanciation" face au gouvernement fédéral
De nouvelles crispations se font jour au sein de l'Arizona. Le président des Engagés a dit regretter "amèrement" une décision d'Anneleen Van Bossuyt (N-VA).

- Publié le 21-09-2025 à 16h11
Les Engagés ont déploré dimanche la décision de la ministre fédérale de l'Action sociale, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), de supprimer les subsides fédéraux destinés aux plans hivernaux d'aide aux sans-abri dans les grandes villes du pays.
Le journal Le Soir révélait en effet samedi que la ministre Van Bossuyt avait décidé de supprimer le subside fédéral de 65 000 euros que reçoivent chacune les villes de Charleroi, Liège, Bruxelles, Anvers et Gand.
Yvan Verougstraete, président des Engagés, a dit "regretter amèrement" une décision prise "sans concertation", ni au sein du gouvernement fédéral – où siègent pourtant les centristes -, ni avec les Régions et les CPAS concernés. Il demande "avec force" que les décisions de ce type se prennent de manière concertée, "afin d'éviter de rompre la chaîne de la solidarité ou de créer une anxiété inutile".
"La mise en œuvre correcte du Plan Grand froid est un devoir moral mais aussi une obligation légale", ajoute-t-il. "Nous comptons bien les assumer. Nous protégerons, comme chaque année, les plus démunis contre le froid."
"Je mettrai ce dossier sur la table du conclave budgétaire wallon", promet également le ministre wallon responsable, Yves Coppieters (Les Engagés). "Mon objectif est d'assurer que le Plan Grand froid ne connaisse aucune interruption, et que ses préparatifs puissent se poursuivre sans délai pour l'hiver 2025-2026. Aucun citoyen ne doit être laissé sans solution quand le froid s'installe."
Par cette sortie, le président des Engagés poursuit sa politique de "particip-distanciation" face au gouvernement fédéral. Il s'agit pour le Bruxellois de défendre les compromis gouvernementaux, tout en continuant à affirmer l'identité de sa formation politique, et les accents plus sociaux de son programme.
Les Engagés font en effet figure de parti francophone le moins à droite (ou le plus au centre) de l'Arizona, et cette stratégie doit aussi leur permettre, en théorie, d'éviter d'être "confondus" avec le MR de Georges-Louis Bouchez, dans l'esprit de ses électeurs potentiels.
"On ne compte plus les décisions inhumaines et antisociales que Les Engagés regrettent, pour au final se coucher devant leurs partenaires de majorité."
Depuis l'opposition, le PS n'a pas manqué de dénoncer une certaine forme d'incohérence des centristes. "On ne compte plus les décisions inhumaines et antisociales que Les Engagés regrettent, pour au final se coucher devant leurs partenaires de majorité. Mais à quoi servez-vous dans ce gouvernement ?", a réagi la députée fédérale Marie Meunier (PS).
Chez les Engagés, certains rappellent toutefois que Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères, n'a pas hésité à mettre la participation des Engagés à la majorité fédérale dans la balance dans le dossier de la reconnaissance de l'État palestinien.
Ahmed Laaouej, président du PS bruxellois, a tapé sur le même clou que Marie Meunier, mais en s'attaquant à la N-VA. "Ce manque d'humanité en dit long sur cette ministre et son parti. C'est terrible. Je garde en mémoire ce travailleur indépendant qui a tout perdu des suites d'un sinistre, d'un problème de santé doublé d'un divorce. Il dormait dans sa voiture, puis la rue en plein hiver", a-t-il indiqué sur X. "Quelle indignité cette ministre", a-t-il ajoutée.
Après la dernière réforme de l'État, la politique des grandes villes a été régionalisée, mais le fédéral a continué à prendre en charge une partie du coût du plan hivernal pour les sans-abri. Ce plan, appelé Plan Grand froid au sud du pays, permet notamment d'ouvrir des lits supplémentaires pour les personnes à la rue entre novembre et mars.
La ministre Anneleen Van Bossuyt a justifié sa décision par la nécessité de "clarifier les responsabilités" de chaque niveau de pouvoir et de "garantir une gestion budgétaire durable".