À Willebroek et à Blankenberge, les échevins seront désignés par un vote à bulletin secret
Comme les listes en présence n'ont pas pu trouver d'accord de majorité dans ces deux communes, ce sont les membres du conseil communal qui désigneront les échevins. Donnant au Vlaams Belang un rôle d'arbitre.


- Publié le 03-12-2024 à 06h45

Ces derniers jours, des accords de majorité ont été conclus à Izegem, Brecht, Boom et Dixmude. Avec, pour les deux premières, une entrée du Vlaams Belang dans le collège. Le compte est presque bon. Mais deux communes en Flandre ne connaissent toujours pas le nom de leur nouveau bourgmestre : Willebroek (28 000 habitants) en province d'Anvers et Blankenberge (20 000 habitants hors saison) en Flandre-Occidentale. Comme, dans ces localités, il n'y a toujours pas d'accord de majorité, une procédure particulière pour la constitution du collège échevinal va être enclenchée. Le nouveau décret communal en vigueur en Flandre prévoit en effet que l'installation des nouveaux conseils communaux doit intervenir dans les deux mois suivant les élections. Et qu'en l'absence de majorité quinze jours avant cette échéance, la désignation des échevins se fera par un vote des membres du conseil communal à bulletin secret.
À noter que la Métropole anversoise n'a pas encore conclu d'accord de majorité non plus. Mais elle bénéficie… d'un sursis d'un mois. La raison est qu'elle est en instance de fusion avec Borsbeek, commune limitrophe de Deurne, où réside Bart De Wever. Il n'y a cependant guère de suspense. N-VA et Vooruit négocient depuis les premiers jours une alliance sous la férule de Bart De Wever (N-VA) et de Conner Rousseau (Vooruit). Nationalistes et socialistes y prennent le temps nécessaire à l'aboutissement d'un accord qui sera, selon une source proche de la N-VA, "coulé dans du béton". Ce temps additionnel est, on l'imagine, du pain bénit pour le bourgmestre d'Anvers, dont l'énergie est aujourd'hui presque entièrement absorbée par les négociations fédérales qui avancent au pas d'une procession d'Echternach.
Discuter en espérant sortir de l'impasse
Si Anvers prend son temps pour négocier "un accord robuste", Willebroek et Blankenberge sont dans l'impasse. À Blankenberge, deux cartels s'opposent : Team Blankenberge et Vooruit, face à CD&VPlus et N-VA. Les discussions calent sur un projet controversé : la construction d'un parking souterrain sous la Grand-Place. Le bourgmestre Björn Prasse de Team Blankenberge y est favorable (il veut bien faire des concessions, semble-t-il), mais le cartel CD&V/N-VA s'y oppose. Les deux camps disposent chacun de 12 sièges (sur 27). Le Vlaams Belang pourrait faire l'appoint – il dispose de 3 sièges. Mais personne ne veut gouverner avec lui.
C'est un peu le même cas de figure à Willebroek, où le cartel Iedereen 2830, composé de Vooruit et du CD&V, croise le fer avec la N-VA. Un élu Vooruit du cartel, Karim Hassoun, aurait vivement critiqué sur les réseaux sociaux les nationalistes – notamment Theo Francken et Michael Freilich –, ce qui a déplu au bourgmestre sortant Eddy Bevers (N-VA). Cet incident a paralysé les négociations…
Une procédure spéciale
Comme ces blocages n'ont pu être levés ce samedi, Blankenberge et Willebroek vont tester une nouvelle procédure : la désignation des échevins par les membres du conseil communal. Le décret prévoit en effet un vote secret dans les deux semaines suivant la première réunion du conseil communal. Chaque conseiller pourra devenir échevin de sa commune. Pour chaque mandat échevinal, chaque groupe politique peut désigner une personne. Pour devenir échevin, le candidat doit obtenir la majorité absolue. Mais si aucun candidat n'obtient plus de 50 % des suffrages, les deux candidats en lice qui comptent le plus de voix passent d'office au deuxième tour. En cas d'ex æquo, c'est le candidat qui a le plus de voix qui monte à bord du collège échevinal.
Cette procédure inquiète beaucoup les autorités locales. Le bourgmestre, qui sera d'office le candidat qui aura obtenu, le jour du scrutin, le plus de voix sur la liste la plus forte (aucun vote n'intervient donc pour le désigner) pourrait donc se retrouver avec des échevins d'une autre liste – et dès lors sans majorité. Or, à Blankenberge et à Willebroek, le Vlaams Belang, pourtant peu significatif, aura la possibilité de faire pencher la balance dans un sens ou un autre. Nul doute que les listes démocratiques tenteront d'ici le jour du vote – le 16 décembre à Blankenberge et le 17 décembre à Willebroek – d'aplanir leurs différends pour lever l'incertitude du vote à bulletin secret.