Négociations fédérales : un vent d'optimisme souffle sur l'Arizona
Les principaux négociateurs du futur gouvernement ont discuté budget et réformes socio-économiques. Sans clash ni crise.

- Publié le 02-12-2024 à 20h32
- Mis à jour le 02-12-2024 à 20h44

Tout est une question d'appréciation. "On est tout doucement en train de tendre vers un accord, mais je suis un optimiste", dit un négociateur. "On est entré dans une dynamique d'accord", veut croire une deuxième source, encore plus optimiste. En revanche, selon une troisième, "il est trop tôt pour dire si on va arriver à un accord et quand, mais on est entré dans une logique de négociations et c'est une bonne chose."
Tous s'entendent néanmoins pour dire que les négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral (réunissant N-VA, MR, Engagés, CD&V, Vooruit dans une formule Arizona) se déroulent désormais dans une ambiance constructive. "Chacun fait des pas vers l'autre", assure-t-on. Ils saluent aussi le fait que, pour la première fois depuis le mois d'août, ils ont pu véritablement négocier le contenu des tableaux budgétaires et des futures réformes socio-économiques – en matière de pensions, de marché du travail et de fiscalité. "Si on continue à négocier de cette manière, on peut atterrir."
Il faut impérativement que ce gouvernement soit sur pied avant la fin de l'année.
"Il faut impérativement que ce gouvernement soit sur pied avant la fin de l'année si on veut que les réformes puissent pleinement produire leurs effets", a déclaré le président du MR, Georges-Louis Bouchez, lundi midi. Face aux conséquences de la guerre en Ukraine, à la crise économique en Allemagne et aux incertitudes liées à la transition politique aux États-Unis avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, il n'y a pas de temps à perdre, a estimé le libéral francophone.
Trois versions des tableaux budgétaires
Les principaux négociateurs ont discuté durant toute la nuit de dimanche à lundi les tableaux budgétaires soumis par le formateur Bart De Wever (président de la N-VA). D'abord en réunion plénière, puis dans le cadre de deux rounds assez longs de réunions bilatérales (entre le formateur et chacun des partis), et à nouveau en plénière. Trois versions des tableaux budgétaires ont été présentées, selon nos informations. "Chaque version est plus acceptable pour l'un ou pour l'autre des partis", dit-on. Vers 5 heures du matin, ils ont décidé de mettre fin à la réunion sans accord, "mais sans clash ni crise".
Il semblerait que ce soient Vooruit – "le parti le plus vocal autour de la table", selon le représentant d'une autre formation – et le CD&V, dans une moindre mesure, qui expriment le plus de réserves sur le contenu des réformes envisagées. Ils ont demandé que les dossiers pensions, fiscalité et marché du travail fassent l'objet de groupes de travail séparés pour s'assurer, entre autres, que les mesures proposées soient en adéquation avec les tableaux budgétaires et pour prendre le temps d'étudier leurs conséquences concrètes.
Vooruit reste prudent
"Les négociations avancent. On cherche encore le point d'équilibre, commente Vooruit, qui ne parle pas encore de perspective d'accord. Les réformes devront être réalistes et acceptables sur le plan social."
Les tergiversations des socialistes flamands avaient failli faire capoter les négociations pour la constitution d'une majorité Arizona. De l'avis des autres partis, cependant, "Vooruit est maintenant tout à fait à bord, il négocie dans le but d'arriver à une Arizona. Et le MR aussi", glisse-t-on, alors que les libéraux n'auraient pas vu d'un mauvais œil le remplacement de Vooruit par l'Open VLD.
Après une journée de pause, les négociations reprennent ce mardi à 10 heures. Au menu : défense, affaires étrangères et égalité des chances. Les groupes de travail pensions, fiscalité et marché du travail devraient se tenir plus tard dans la semaine. Avant une nouvelle négociation globale durant le week-end.