Aménager des bâtiments inoccupés en kots, l'idée de l'UMons pour aider ses étudiants
Les difficultés qu'éprouvent parfois les étudiants pour se loger sont connues des universités. On en revient toujours au nerf de la guerre : l'argent. Pour apporter sa pierre à l'édifice, l'UMons applique un système bien à elle.

- Publié le 14-02-2020 à 06h47
Les difficultés qu'éprouvent parfois les étudiants pour se loger sont connues des universités. On en revient toujours au nerf de la guerre : l'argent.
"Le problème, c'est que nous sommes subsidiés en enveloppe fermée, rapporte Joëlle Tilmant, directrice du Service des affaires étudiantes à l'UMons. Nous sommes passés de 2 500 à 10 000 étudiants en dix ans, sans que nos moyens ne suivent évidemment cette augmentation…" Pour autant, l'institution ne reste pas sans rien faire. "Nous avons un rôle à jouer", affirme-t-elle. La directrice annonce que plusieurs centaines de places seront créées à Mons dans les années qui viennent. "Nous devons loger beaucoup de monde… De nombreux Belges mais aussi pas mal d'étrangers Erasmus ou d'étudiants français."
Sous-location
Pour apporter sa pierre à l'édifice, l'UMons applique un système bien à elle. "Nous repérons des bâtiments inoccupés qui feraient l'affaire, puis un investisseur qui pourrait marquer un intérêt. Lorsque les locaux sont aménagés en kots, nous lui louons l'ensemble et nous sous-louons aux étudiants." Tout le monde y trouve son compte, dit-elle. Nous nous chargeons de tout pour l'investisseur-propriétaire et nous pratiquons des prix de location très intéressants pour les jeunes.
Aujourd'hui, 315 des actuelles 815 places disponibles à l'UMons sont organisées sur ce modèle. Et c'est ainsi que l'offre sera élargie prochainement. "Notre action dépasse la mise sur le marché de kots", insiste encore Joëlle Tilmant. "En proposant massivement des loyers modérés, nous régulons les prix pratiqués dans la ville. C'est important car certains privés n'hésitent pas à exagérer. Or, la précarité a beaucoup augmenté. Nous sommes ici dans l'une des régions les plus pauvres…"
En dix ans de fonction, la directrice affirme avoir croisé de plus en plus d'étudiants en situation précaire, en rupture familiale ou émargeant au CPAS. "Beaucoup de jeunes nous demandent de l'aide pour trouver de bonnes conditions pour pouvoir étudier", explique la directrice, sensibilisée. Elle en profite pour insister, une fois de plus, sur la nécessité d'un refinancement sérieux de l'enseignement supérieur.