Les mesures pour l'école pourraient ne pas suffire
Les écoles ont reçu la circulaire détaillant les mesures qui entrent en vigueur mercredi. Les chiffres inquiètent. Si la situation l'exige, un nouveau Comité de concertation pourrait être organisé ces jours-ci.

- Publié le 22-03-2021 à 21h30
- Mis à jour le 23-03-2021 à 07h07

La circulaire a été envoyée dans les écoles lundi avec le détail des mesures supplémentaires à appliquer à partir du mercredi 24 mars - et jusqu'aux vacances de Pâques - et qui avaient été prises dimanche par les trois ministres communautaires de l'Éducation, à la demande du Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD) et du ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A). Sera-ce suffisant ou des décisions plus radicales devront-elles être prises, pour l'école ou pour d'autres secteurs ? La réponse viendra du commissaire Corona, Pedro Facon, et du duo De Croo-Vandenbroucke.
"Les bonnes décisions au bon moment"
"Nous ne nous prononçons pas seulement sur l'école, mais sur un ensemble de mesures concernant tous les secteurs, explique la porte-parole de Pedro Facon, Caroline Leys. Une note sera remise au plus vite aux membres du Comité de concertation." Qui se réunira quand ? Mystère. "L'enjeu des jours qui viennent consiste à prendre les bonnes décisions au bon moment, sous-titre le porte-parole du Premier ministre, François Bailly. Dès qu'elle sera terminée, l'analyse du commissaire Corona (qui doit estimer le gain des mesures envisagées et la possibilité de les mettre en place) sera envoyée aux membres du Comité de concertation qui examineront si, en fonction des chiffres d'alors, les mesures suffisent. Si la situation l'exige, il faudra agir très vite." Un nouveau Comité de concertation pourrait être avancé au milieu de la semaine tant l'évolution des chiffres inquiète.
Sur le fond, la ministre francophone, Caroline Désir (PS), indique que "les réalités sont très contrastées d'une école à l'autre. Une large majorité d'entre elles n'ont connu aucun cas positif ces dernières semaines. Durant la deuxième semaine de mars, 93 % des écoles n'étaient pas touchées par un cluster". C'est pourquoi il a été décidé que, dans les zones à risques répertoriées par le Risk Assessment Group (Rag), toute classe sera fermée jusqu'à Pâques dès l'apparition du premier cas.
En préambule à la présentation des nouvelles règles dans sa circulaire, la ministre plaide encore une fois pour que la vaccination des personnels de l'enseignement soit organisée au plus vite, dans le cadre de la stratégie fédérale. Si les doses disponibles imposent des priorités, elle propose, compte tenu de la proximité des contacts avec les élèves, de prioriser, dans l'ordre, le spécialisé, le maternel, le primaire et les internats et, enfin, le secondaire. Pas sûr que l'on en arrive là. Franck Vandenbroucke a encore répété que, selon lui, "ce n'est pas en vaccinant les enseignants qu'on va limiter les clusters à l'école car ce sont des clusters entre enfants", provoquant la colère des syndicats, qui envisagent des actions.
Ni protestation ni enthousiasme
Globalement, on peut dire que les mesures évoquées sont accueillies sans protestation ni enthousiasme mais avec des questions. Par exemple, à propos de la gestion localisée des cas, que signifie "commune à risque" ? Quel est le seuil ? Les données seront-elles transparentes et régulières (une publication hebdomadaire semble insuffisante…) ? Ces détails n'ont pas été communiqués par le Rag.
Sur la fermeture des réfectoires et des salles de profs ("quand une alternative existe à l'extérieur", précise la circulaire), ces mesures étaient déjà souvent appliquées. L'obligation générale changera-t-elle beaucoup ? Il y a des doutes.
"L'inquiétude monte parmi les parents, souligne enfin Véronique De Thier de la Fapeo (Fédération des parents de l'enseignement officiel). Ces petites mesures valent-elles la peine, pour quelques jours ? Un court lockdown généralisé aux autres secteurs ne serait-il pas plus efficace pour stopper la contagion ?" Mais elle reste méfiante. "Une fermeture pour marquer un arrêt, pourquoi pas. Mais est-on sûr de la rouvrir ? Mi-mars 2020, on nous avait annoncé une fermeture pour deux ou trois semaines. Les écoles sont restées fermées bien plus longtemps !"