Suppression de la nomination des profs : "Cela peut apporter plus de souplesse aux écoles"
Que pensent les directeurs d'école du projet de la coalition Azur d'engager les nouveaux enseignants sous contrats à durée indéterminée (CDI) et de mettre progressivement fin au régime statutaire ?

- Publié le 17-07-2024 à 06h41

Interrogé par La Libre, Alain Koeune, directeur du collège Notre-Dame à Dinant et président de la Feadi, la Fédération des associations des directeurs de l'enseignement secondaire catholique, se montre prudent car "les contours du projet ne sont pas encore clairs". Le projet pourrait cependant avoir des conséquences positives, estime-t-il. "Si l'idée est d'entrer dans la carrière par exemple via un contrat à durée déterminée (CDD) d'un an puis de signer un CDI après deux ans, cela peut être intéressant. D'une part pour l'enseignant, qui aurait plus de stabilité, au lieu d'enchaîner intérims et chômage. D'autre part, cela peut apporter plus de souplesse aux écoles. Actuellement, après une année passée dans une école, un enseignant devient prioritaire au sein des écoles du même pouvoir organisateur (PO), alors que la direction n'est peut-être pas encore certaine de vouloir garder cet enseignant. La direction ne peut pas le tester une deuxième année."
Mais n'est-ce pas un problème pour les PO de devoir engager ces enseignants pour une année entière, alors qu'ils n'ont peut-être besoin de renforts que durant certaines périodes. "Certes, rétorque le directeur, mais peut-être que le nouveau gouvernement compte s'inspirer de ce qui existe dans l'enseignement fondamental, avec les pools d'enseignants remplaçants. Ces enseignants sont engagés par le pool puis passent d'une école à une autre. Si l'idée est d'étendre ce schéma au secondaire, c'est intéressant."
Enfin, le directeur voit-il dans la fin programmée du régime statutaire la possibilité de se débarrasser plus facilement d'un enseignant incompétent ou de mauvaise volonté ? "Cette possibilité existe déjà dans le nouveau décret sur l'évaluation des enseignants. Est-ce que cette possibilité sera étendue ? C'est flou. Mais on voit bien derrière ce projet l'idée de calquer l'enseignement sur le reste du monde du travail."