Une attaque terroriste contre Bart De Wever déjouée à Anvers
La police judiciaire fédérale (PJF) a effectué quatre perquisitions, ce jeudi, à Anvers. Trois jeunes suspects auraient planifié des attentats contre des politiciens belges. Parmi eux, le Premier ministre, Bart De Wever, était visé.

- Publié le 09-10-2025 à 16h23
- Mis à jour le 09-10-2025 à 21h21

Sint-Rochusstraat, à Deurne, un district de la ville d'Anvers. Ce jeudi matin, la rue a été bouclée : périmètre de sécurité, forte présence policière, ambiance tendue. En tout, quatre perquisitions ont été menées par la PJF dans la cité du diamant dans le cadre d'un dossier du parquet fédéral.
À leurs côtés : le service d'enlèvement et de destruction d'engins explosifs (SEDEE), la direction de l'appui canin avec ses chiens détecteurs d'explosif et les unités spéciales de la police fédérale (DSU). Le tout sous la houlette d'un juge d'instruction de la section 'terrorisme'.
"Un attentat d'inspiration djihadiste"
"Certains éléments indiquent que l'intention était de perpétrer un attentat terroriste d'inspiration djihadiste à l'encontre d'hommes politiques", résume Ann Fransen, procureure fédérale. Selon plusieurs médias flamands, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) figurait parmi les cibles. Une information confirmée par le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Engagés), en début de soirée.
Lors des perquisitions, un engin explosif artisanal, pas encore opérationnel, a été découvert. Un sac contenant des billes en métal et, chez un deuxième suspect, une imprimante 3D ont été également retrouvés. "On peut soupçonner que cette dernière devait servir à fabriquer des pièces utiles à la commission d'un attentat. Il y a également des indications que le but des suspects était de fabriquer un drone auquel la cargaison devait être attachée", poursuit la magistrate.
La cellule terroriste présumée serait composée de trois jeunes anversois (nés en 2001, 2002 et 2007). Deux d'entre eux ont été auditionnés. Ils comparaîtront demain devant le juge d'instruction qui décidera de les placer ou non sous mandat d'arrêt. Le troisième suspect a été libéré pendant la journée.
La menace reste "grave"
Ann Fransen tient à rappeler que "ce dossier démontre que le ministère public, la police et les services de renseignements doivent à tout moment rester vigilants." Et d'ajouter : "Il est donc important que la police et la justice disposent en permanence d'une capacité suffisante pour garantir la sécurité de notre société".
En 2025, plus de 80 nouvelles enquêtes au sein de la section terrorisme du parquet fédéral ont déjà été ouvertes. Soit plus que l'ensemble des dossiers enregistrés en 2024.
Pour rappel, en Belgique, le niveau de la menace terroriste reste actuellement maintenu à trois sur quatre, soit une menace grave. Dans un récent entretien accordé à La Libre, le directeur de l'OCAM, Gert Vercauteren, reconnaissait qu'il était encore trop tôt pour revoir cet indicateur à la baisse.
Pas une première
L'histoire semble se répéter. Par le passé, Bart De Wever avait déjà été visé par des projets d'attentats. Le 27 mars 2023, plusieurs individus avaient été arrêtés à la suite de perquisitions menées à Anvers, Molenbeek-Saint-Jean et Eupen. Les suspects étaient surveillés depuis plusieurs mois après un signalement de la Sûreté de l'État faisant état d'activités inquiétantes.
Un membre du groupe diffusait notamment de la propagande de l'État islamique (EI) sur les réseaux sociaux. Il avait également enregistré une vidéo d'entraînement dans laquelle il se présentait comme un combattant de l'EI. Dans des conversations, il exprimait son intention de s'en prendre au nationaliste flamand, annonçant qu'il était prêt à mourir en martyr.
Dans ce dossier, le principal prévenu a été condamné à six ans de prison et 16 000 euros d'amende par la cour d'appel d'Anvers. Ses quatre complices ont écopé de peines allant de 55 mois à trois ans de prison.