Jeune ministre mais politicien d'expérience: qui est Adrien Dolimont, le nouveau ministre wallon du Budget?
À 33 ans, Adrien Dolimont est déjà un vieux briscard de la politique locale et une personne avec une tête bien faite.

- Publié le 11-01-2022 à 20h10
- Mis à jour le 17-01-2022 à 21h43

Sous ses airs de jeune premier, Adrien Dolimont (MR), le nouveau ministre wallon du Budget, des Infrastructures sportives et des Aéroports n'est pas un nouveau venu en politique. Élu pour la première fois, en 2006, quinze jours après avoir eu 18 ans dans sa commune d'Ham-sur-Heure/Nalinnes, il devient échevin d'entrée de jeu.
En charge de la Jeunesse et du Folklore - "J'y suis très attaché", confie-t-il, lui qui est marcheur de l'Entre-Sambre-et-Meuse -, il rentre au collège communal de cette commune de 14 000 habitants du sud de Charleroi au moment où son grand-père le quitte. Marcel Nicaise, échevin pendant des années, aura même été l'éphémère bourgmestre de la commune en 2000 quand il remplace, juste avant les élections, le bourgmestre en titre qui vient de décéder.
Lors de l'élection de Georges-Louis Bouchez à la présidence du MR en 2019, il viendra au siège du parti avec son grand-père qui aura l'honneur de s'asseoir dans le fauteuil présidentiel. Marcel Nicaise est décédé quelques mois plus tard.
La proximité de celui qui était jusqu'à présent président du CPAS et échevin des Finances d'Ham-sur-Heure avec son président de parti est évidente. En le choisissant, Georges-Louis Bouchez veut donner une chance d'émerger à une nouvelle figure libérale de la région de Charleroi pour, peut-être, à moyen terme, faire de l'ombre à l'autre jeune qui monte dans la région, le socialiste Thomas Dermine.
Une tête bien faite
À 33 ans, Adrien Dolimont est donc déjà un vieux briscard de la politique locale et une personne avec une tête bien faite - il est ingénieur polytechnicien de l'UMons où il a aussi décroché son doctorat. Mais la politique n'est pas tout dans sa vie puisqu'il a aussi été tenté par le privé. Il a d'ailleurs lancé une société qui propose des solutions photovoltaïques pour les entreprises, en septembre 2021. "Je vais en discuter avec mes associés, mais je devrai quitter le conseil d'administration", explique le nouveau ministre. Auparavant, il avait créé une société de conseil active dans le secteur pharmaceutique.
Marié et jeune papa, Adrien Dolimont n'a encore siégé dans aucune enceinte parlementaire. C'est comme ministre qu'il se frottera à la politique régionale.
En 2019, il était troisième sur la liste régionale du MR pour l'arrondissement de Charleroi-Thuin. Avec la troisième place, il a réalisé le deuxième meilleur score - plus de 5 000 voix - sur une liste emmenée par Nicolas Tzanetatos.
Il n'a cependant pas été élu parce que le système d'effet dévolutif de la case de tête ne lui était pas favorable. C'est un point commun qu'il partage avec son président de parti qui a connu les mêmes déboires sur la liste du Hainaut pour la Chambre.
Une machine à faire des voix
Dolimont est une machine à voix et sa désignation comme ministre sera un atout lors du prochain scrutin régional de 2024. Lors des élections communales de 2012, il réalisait déjà le deuxième score dans sa commune sur la liste libérale du bourgmestre Yves Binon. Une performance rééditée en 2018.
S'il ne cache pas sa proximité avec Bouchez, il assure cependant qu'il ne sera "influencé par personne" dans ses nouvelles fonctions ministérielles. Il annonce vouloir s'attaquer rapidement aux dossiers qui lui sont désormais dévolus et se faire connaître "pour ce qu'il est".