Denis Ducarme mal à l'aise lors d'un débat de la RTBF sur l'extrême-droite: "J'étais très étonné de me retrouver en plateau avec un député communiste"
Le député libéral juge que l'extrême-droite et l'extrême-gauche sont "les deux faces d'un même poison" qui menace "la liberté et la démocratie".
- Publié le 22-01-2024 à 09h28
La RTBF va diffuser lundi soir sur la Trois une émission consacrée à la montée de l'extrême-droite en Belgique et dans le reste de l'Europe. Dans Déclic, Julie Morelle et son équipe tenteront d'expliquer comment, de la Finlande à l'Italie, de la Flandre à la Hongrie, les mouvements identitaires et populistes gagnent du terrain avec des messages anti immigration, anti-islam, anti-écologie.
Pour en débattre, la chaîne de service public a invité l'écrivain David Van Reybrouck, les politologues Nathalie Brack (ULB) et Francois Debras (ULiège), le bourgmestre Philippe Close (PS) et les députés Saskia Bricmont (Ecolo), Denis Ducarme (MR) et Marc Botenga (PTB). C'est la présence de ce dernier qui a posé problème à l'élu libéral.
PTB et VB, même combat ?
"Pour commenter le développement de l'extrême-droite, la RTBF a invité un député du PTB. J'ai dit sur le plateau que je ne comprenais pas pourquoi", rapporte Denis Ducarme. "Inviter un extrême pour parler d'un autre extrême, ça ressemblait à une farce. J'étais très étonné de me retrouver sur le plateau avec un député communiste. De mon point de vue, ils sont tout aussi dangereux l'un que l'autre. Pour moi l'extrême-droite et l'extrême-gauche sont les faces différentes d'un même poison."
À ceux qui font la distinction entre les deux radicalités, le député répond que "l'extrême-gauche menace la démocratie et la liberté" et qu'elle monte autant en puissance en Europe que la droite dure. "Le communisme, c'est 100 millions de morts dans le monde". Rappelons que Denis Ducarme réclame de longue date l'application d'un cordon sanitaire autour du PTB.
Si l'extrême-droite ne monte pas, c'est "grâce au MR"
Paraphrasant un poème de Rudyard Kipling, il affirme trouver curieux de mettre sur le même pied "ces menteurs et ces monstres d'un même front". L'ancien ministre fédéral précise toutefois qu'il ne jette pas le bébé avec l'eau du bain : "l'équipe de Julie Morelle fait un travail de grande qualité".
"Sur le fond, je trouve que c'est une émission de qualité, avec des expressions bien construites et une bonne approche journalistique. Cette invitation m'a permis de dire que s'il n'y a pas d'extrême-droite en Belgique francophone, à la différence de la France, des Pays-Bas, de l'Allemagne ou de la Flandre, c'est parce que le MR a osé prendre le parti sur des dossiers parfois sensibles tels que la sécurité, l'immigration ou le communautarisme", commente Denis Ducarme.
Le Carolo détaille sa pensée. Le MR va du centre à la droite, avec en son sein des profils "populaires, conservateurs, libéraux sociaux". Les Réformateurs s'emparent de "thématiques importantes", mais ce n'est pas suffisant. "Je suis convaincu que si les extrêmes se développent, c'est parce que certains partis se voilent la face sur des thématiques qui ne sont pas d'extrême-droite mais que l'extrême-droite utilise. Les partis traditionnels doivent se ressaisir de ces thèmes avec une réponse nuancée. C'est comme ça que l'on barre la route aux extrêmes."