Le détenu de Haren a pu "se fondre dans la masse" pour s'évader, voici ce que l'on sait : "La prison souffre de graves dysfonctionnements"
Trois incidents sont survenus en deux jours à la prison de Haren.

- Publié le 06-11-2026 à 14h29

L'évasion survenue jeudi matin à la prison de Haren met en lumière de graves dysfonctionnements au sein de cet établissement censé être ultra sécurisée. Selon les informations récoltées par la DH, le manque d'effectif et d'expérience des agents a contribué à ce fiasco.
Pour rappel, trois incidents sont survenus en deux jours : mercredi, une détenue a été violée dans l'atelier où hommes et femmes travaillent ensemble. Ce jeudi, quatre agents ont été agressés par un détenu qui souffre de troubles psychiatriques et le matin, un détenu est parvenu à s'évader.
Le détenu a finalement été arrêté dans le centre-ville de Bruxelles en fin de journée. Selon la DH, l'individu, qui se trouvait en maison de peine, a été condamné à une peine "entre cinq et sept ans". Cette condamnation serait liée à une fusillade survenue dans la capitale, mais cette information n'a pas pu être confirmée à ce stade.
La DH en sait plus sur les circonstances précises. "Le codétenu avait une permission de sortie. L'agent qui s'est occupé d'ouvrir la cellule était un stagiaire. L'autre détenu, qui allait s'évader, a prétexté qu'il disposait également d'une autorisation de sortie alors que ce n'était pas le cas", indique une source.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le prisonnier est parvenu à se fondre dans la masse composée d'une vingtaine d'autres détenus qui disposaient d'une autorisation de sortie. On ignore toutefois comment il est parvenu à franchir les portiques de sécurité aussi facilement.
"Cette situation prouve bien que depuis l'ouverture en 2022, la prison souffre de graves dysfonctionnements. Le nouveau directeur en place depuis environ trois semaines récolte le laxisme du passé mais des mesures ont été immédiatement prises pour que pareille situation ne se reproduise pas", ajoute l'interlocuteur de nos confrères.
Pour le viol, "on savait que cela allait arriver un jour ou l'autre"
Le contact de la DH pointe surtout du doigt le manque d'expérience et d'effectifs des agents de Haren. "La prison a été ouverte trop tôt avec des agents qui n'ont pas été formés et qui ont eux-mêmes dû former de nouveaux agents qui ne connaissent pas les spécificités du métier. Ce manque d'expérience de terrain se fait ressentir au quotidien."
Concernant le viol, pour lequel une instruction judiciaire est en cours, il ressort que les hommes et les femmes travaillent ensemble à l'atelier. "On a toujours estimé que cette mixité était problématique et on savait que cela allait arriver un jour ou l'autre", conclut-il.