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Dans les prisons surpeuplées, les détenus ne savent plus ce qu'ils attendent ni qui ils sont: "Il n'y a pas plus douloureuse humiliation"

Différents acteurs du monde pénitentiaire décrivent la réalité derrière les barreaux quand la surpopulation devient le quotidien. Leurs récits croisés ont été rassemblés dans un recueil intitulé "La prison humiliante".

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La prison de Mons a été condamnée pour traitements dégradants. ©Belga Image

"Tu fais chier, Lucien, ça fait dix minutes que tu traînes. Grouille-toi ou je ne te donnerai pas ta prochaine sèche !" Lucien, c'est un interné. Un homme qui a été jugé irresponsable de ses actes mais qui est incarcéré. En Belgique, il n'y a pas de places suffisantes pour ce type de patients dans les institutions psychiatriques fermées. Enfin, Lucien (c'est un prénom d'emprunt) était un interné. Il est mort. Son cœur a lâché, une nuit sans sommeil, raconte Benoît Pirson, conseiller moral dans les prisons. Fini la vie de zombie, qui "ne fume que le tabac que le gueulard lui donne", à la pièce, aux heures prévues. Pour un tas de bonnes raisons -qu'il ne mette pas le feu à sa chemise ou à la prison- mais aussi "pour pas qu'il choisisse, pour pas qu'il décide […] pour pas que sa fierté repousse."

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