Les négociateurs de la coalition "Arizona" sont fatalistes : "C'est ça ou le chaos"
Les négociateurs N-VA, MR, CD&V, Vooruit et Engagés ont repris les négociations ce lundi. Les réunions vont se succéder à un rythme soutenu jusqu'à la prochaine audience du formateur Bart De Wever au Palais.

- Publié le 18-11-2024 à 19h36
- Mis à jour le 18-11-2024 à 19h38

Si, si… Un certain optimisme règne désormais aux abords de la rue de la Loi. La coalition "Arizona", introuvable depuis cinq mois, a fait l'objet de tous les pronostics. Au départ, cette alliance pentapartite entre la N-VA, le CD&V, le MR, Les Engagés et Vooruit s'imposait d'elle-même sur la base des résultats de juin. Elle disposait en outre d'une bonne cohérence politique et, cerise sur le gâteau, d'une majorité du côté flamand.
Et puis, comme souvent en Belgique, les négociations, électrisées par des fuites incessantes dans la presse, ont cédé sous le poids des divergences. Bart De Wever a démissionné fin août. Mais Maxime Prévot, après une courte mission de médiation, a pu relancer la machine. Les discussions "arizoniennes" avaient alors repris. Nouveau "drame" : la semaine dernière, Conner Rousseau, président des socialistes flamands claquait la porte des négociations. Pour la deuxième fois, le formateur présentait sa démission au Roi. Mais le chef de l'État a tenu sa décision en suspens. Menacé d'être remplacé par l'Open VLD (dans le cadre de la majorité "Lagon"), Vooruit est finalement revenu s'asseoir aux côtés des quatre autres partis. L'équilibre de la note socio-économique de Bart De Wever a été revu et a l'heur de plaire cette fois aux socialistes flamands.
Un vrai marathon
Le formateur royal retournera au Palais lundi prochain, le 25 novembre. D'ici là, un marathon de réunions est planifié tous les jours, y compris le samedi. La Belgique doit donner des garanties budgétaires à l'Europe, il s'agit d'avancer rapidement. Une première rencontre a été organisée ce lundi après midi. Un vieux truc de négociation : Bart De Wever a commencé par ce qui ne fâche pas trop (Énergie, Mobilité…), évitant ainsi un blocage immédiat. Sa méthode de travail a changé et semble appréciée. Les présidents de parti négocient directement, thème par thème, accompagnés par le ou les mandataires de leur formation spécialistes de la question du jour. Signe d'optimisme : des rencontres sont même prévues à l'agenda fédéral après l'audience au Palais, ce qui indique que le formateur espère poursuivre sa mission au-delà de cette échéance.
Sondées ce lundi, plusieurs sources "arizoniennes" confient leur espoir d'un atterrissage de la coalition "Arizona". "Pas le choix, c'est ça ou le chaos", commente un négociateur. Même lecture fataliste pour cet autre informateur : "À moins d'une 'horreur' dans l'accord, celui qui bloquera l'atterrissage cette fois le paiera cash. Les gens veulent un gouvernement". En particulier, Conner Rousseau a sur épaules une lourde pression après avoir été au centre des crises précédentes. Ce spécialiste de la communication sait qu'il a tiré toutes ses cartouches. Si Vooruit devait encore passer pour l'élément perturbateur au fédéral, son président hériterait définitivement du Valet noir, du Zwarte Piet.
Les qualités "arizoniennes"
Au sein des autres formations, "l'Arizona" est clairement le scénario recherché. La N-VA privilégie une coalition "miroir" au fédéral, identique aux majorités dans les entités fédérées (N-VA/CD&V/Vooruit au gouvernement flamand et MR/Engagés en Wallonie et à la Fédération). Les chrétiens-démocrates flamands et Les Engagés ont aussi tout intérêt à gouverner avec Conner Rousseau car la présence des socialistes équilibrera le poids idéologique du MR et des nationalistes. Reste le parti de Georges-Louis Bouchez. Le MR aurait aimé ramener les libéraux flamands dans l'esquif fédéral et mettre le cap à tribord. Mais cette piste (la "Lagon"), très clairement rejetée par Sammy Mahdi, président du CD&V, n'est désormais plus qu'un peu probable "plan B".