Sophie Rohonyi : "Olivier Maingain avait besoin d'un prétexte pour partir"

Ce mercredi 8 janvier 2025, la présidente de DéFI Sophie Rohonyi était l'invitée du "Café sans filtre" de LN Radio. Face à Maxime Binet, elle est notamment revenue sur les négociations fédérales et la possibilité pour les amarantes de rejoindre à nouveau le MR.

Sophie Rohonyi, la présidente de DéFI, était ce mercredi matin l'invitée de Maxime Binet dans l'émission "Café sans filtre" sur LN Radio. Le journaliste a d'abord évoqué avec elle les négociations fédérales. Le formateur Bart De Wever a une nouvelle fois été prolongé dans sa mission par le roi Philippe ce mardi 7 janvier. Il a jusqu'au 31 janvier pour tenter de former un gouvernement.

"Il y a une urgence au niveau socio-économique, au niveau social et au niveau budgétaire." Pour la présidente de DéFI, si on ne voit pas arriver la réforme fiscale, c'est en partie à cause du MR et de son président Georges-Louis Bouchez. "On a aujourd'hui une pression fiscale terrible sur les travailleurs. Pour pouvoir en sortir, il faut accepter de faire des compromis. Le président du MR en est incapable. Il croit que parce qu'il a gagné les élections, il doit pouvoir appliquer son programme dans son entièreté. Ce n'est pas comme ça que ça marche."

Pourtant, Bouchez affirme ne pas vouloir de nouvelles taxes, fait remarquer Maxime Binet. "Oui, mais il faut aussi pouvoir à, côté de ça, supprimer les niches fiscales, globaliser les revenus et augmenter le taux d'emploi. Il faut aussi une vraie réforme du marché de l'emploi, mais pas comme c'est en train de se faire, en détricotant les droits des travailleurs et donc leur pouvoir d'achat", lui rétorque Sophie Rohonyi.

guillement

On va pénaliser toute une catégorie de la population, et en particulier les personnes qui travaillent à temps partiel, c'est-à-dire essentiellement les femmes

La présidente amarante se fait également du souci pour la gestion des pensions par la future Arizona. "Ça fait peur. On va pénaliser toute une catégorie de la population, et en particulier les personnes qui travaillent à temps partiel, c'est-à-dire essentiellement les femmes." Mais alors, comment faire face à l'augmentation des pensions à l'avenir ? "On est confronté à un vieillissement de la population et il n'y a pas de réflexion globale par rapport à ça. Il y a encore un tabou dans les réflexions de l'Arizona : la prise en compte des métiers pénibles. Il faut bien se rendre compte que ces travailleurs ne savent pas travailler indéfiniment en restant en bonne santé. Il faut pouvoir tenir compte du travail effectif mais aussi de leurs conditions de travail", précise Sophie Rohonyi.

À Bruxelles, Olivier Maingain "divise les francophones"

Quant à la formation du gouvernement bruxellois, est-il toujours impossible pour DéFI de gouverner avec la N-VA ? Olivier Maingain expliquait mardi sur LN Radio avoir claqué la porte du parti amarante à cause de la position floue de son désormais ex-parti sur la question. "Sa sortie est assez étonnante, même si elle était dans l'air depuis un certain temps. Olivier Maingain avait besoin d'un prétexte pour partir. Il a toujours cherché à avoir une concertation entre partis francophones pour s'entendre sur les lignes rouges à opposer au parti nationaliste flamand. C'est ce qu'on a obtenu. J'ai dit que l'on refuserait toute tutelle de la région bruxelloise par le fédéral, que ce soit avec la N-VA ou d'autres partis flamands qui, aujourd'hui, suivent la N-VA."

La présidente de parti est claire par rapport aux propos tenus par l'ex-homme fort des amarantes. "Ce qu'Olivier Maingain est en train de faire, c'est de diviser les francophones à un moment précis où ils doivent être plus que jamais unis face au nationalisme flamand qui guette la région bruxelloise."

guillement

Ce qu'Olivier Maingain est en train de faire, c'est de diviser les francophones

DéFI gouverna-t-il alors à l'avenir avec la N-VA ? "La solution que l'on met sur la table aujourd'hui, et que le MR refuse de mettre en pratique, c'est de former un gouvernement bruxellois qui soit soutenu par une majorité simple, de sorte que les partis flamands se désolidarisent de la N-VA. C'est une aventure beaucoup moins périlleuse que celle dans laquelle on se trouve aujourd'hui."

MR et DéFi bientôt réunis ?

Et qu'en est-il de l'avenir du parti amarante ? Reviendra-t-il un jour dans le giron du MR ? "Non. En particulier lorsque je vois les déclarations de monsieur Bouchez sur la culture. En tant que démocrate, en tant que petite-fille d'artiste, ça me fait bondir. La culture est un bien précieux qui permet de s'exprimer, de créer, de dénoncer aussi certaines choses. Je ne constituerai pas de cartel avec le MR avec un président de parti comme celui-là", confie Sophie Rohonyi.

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...