Guerre Israël-Hamas : Adrien Dolimont veut agir là où nos compétences le permettent
Après la Chambre la semaine passée, c'est la commission des relations extérieures du parlement wallon qui s'est réunie ce mardi après-midi pour un échange de vues sur la situation à Gaza.

- Publié le 19-08-2025 à 17h40

Une situation "insoutenable, qui continue à se détériorer. Et les déclarations récentes du gouvernement israélien - sur sa volonté d'occuper Gaza, ndlr - ne font qu'aggraver cette tragédie", a d'emblée reconnu le ministre-président wallon, Adrien Dolimont.
Pour autant, "ce n'est pas la Wallonie qui résoudra ce conflit. Nous n'en avons pas les leviers et nous n'en avons pas la prétention. Cela ne nous empêche pas de rester attentifs à cette situation, d'agir là où nos compétences nous le permettent tout en rappelant que la priorité doit aller aujourd'hui à l'accès humanitaire, à la protection des civils et surtout au respect du droit international", a-t-il rappelé.
Sur le fond, le libéral est notamment revenu sur la rencontre, le 25 juillet dernier, entre ses services et ceux du Premier ministre, des ministres des Affaires étrangères et de la Mobilité au sujet des exportations d'armes vers Israël. Au cours de cette réunion, il a été annoncé que le fédéral renforcerait les dispositions visant à prévenir tout transit indésirable de marchandises de défense.
Dans ce cadre, un arrêté royal devrait prévoir l'interdiction du transport par voie aérienne de matériel militaire vers Israël et les territoires palestiniens occupés, lorsqu'il serait de nature à renforcer les capacités militaires des forces en présence. Parallèlement, toute compagnie aérienne ayant connaissance ou présumant qu'un transport aérien fait l'objet d'une telle interdiction, serait tenue de communiquer à l'administration la liste des produits transportés au plus tard 5 jours ouvrables avant le vol.
L'avis du Conseil d'Etat sur cet arrêté royal "ciblé et temporaire" a été demandé. "Il est attendu dans les prochains jours", a indiqué Adrien Dolimont en affirmant "soutenir pleinement cette initiative" même s'il faudra s'assurer "qu'elle sera applicable et appliquée dans les faits". "Mais ces dispositions fédérales permettront de pallier l'absence dans la base légale wallonne de contrôle total des mouvements de passages et de transit", a-t-il souligné.
Le ministre-président régional a ensuite à nouveau plaidé pour "une réponse européenne coordonnée". "La proposition formulée fin juillet par la Commission européenne de suspendre partiellement la participation d'Israël au programme Horizon Europe constitue, à cet égard, un pas concret", a estimé Adrien Dolimont.
Ce dernier a enfin insisté sur l'aide humanitaire, même si la marge de manœuvre wallonne est "limitée" en la matière. "Des projets de coopération prioritaires ont été mis en place. La Palestine doit rester l'une des priorités de la coopération internationale de la Wallonie", a martelé le ministre-président. Sans convaincre l'opposition.
Au PS, Anne Lambelin a ainsi dénoncé des propos d'une "grande platitude", "sans aucune action à l'horizon". "Nous en sommes à 22 mois de barbarie insoutenable, de famine planifiée, de nettoyage ethnique, de meurtres de femmes et d'enfants, d'assassinats de journalistes. Ça se passe sous nos yeux et il n'y a toujours aucune sanction contre Israël", a enchaîné le député PTB Julien Liradelfo. "La passivité, c'est de la complicité. La Wallonie a le devoir d'agir à son niveau", a-t-il asséné. "Notre seule boussole, c'est le droit international. Le gouvernement peut-il nommer les choses? Est-il prêt à utiliser l'ensemble de ses leviers pour agir concrètement?", s'est encore interrogé Stéphane Hazée (Ecolo).
Face à l'absence d'actions concrètes, l'opposition - soutenue par les syndicats FGTB et CSC qui ont organisé une manifestation ce mardi devant le parlement - a annoncé le dépôt d'une motion conjointe rappelant ses doléances: suspension d'Israël du programme Horizon, cessez-le-feu immédiat, libération des otages, ouverture des couloirs humanitaires,...
"Il est inacceptable que le gouvernement israélien réponde à l'horreur par l'horreur. Nous avons tous honte de ce qu'il se passe. Ce qui nous différencie, c'est les moyens à utiliser pour arriver à un résultat efficace", lui a répondu, dans la majorité, le député libéral Jean-Paul Wahl. "Au nom de mon groupe, nous condamnons avec fermeté les famines, les bombardements aveugles et les violations du droit humanitaire. Nous appelons à un cessez le feu immédiat, à la libération des otages et à l'ouverture des accès humanitaires. Mais on doit agir là où on est légitime", a poursuivi la cheffe de groupe du MR au parlement régional, Valérie De Bue.
Quant aux Engagés, plusieurs fois interpellés par l'opposition, ils ont rappelé leurs positions "en faveur de la paix et du respect du droit international". "Nous devons agir en fonction de nos devoirs moraux et légaux mais aussi en fonction de nos compétences et de manière concertée", a résumé Anne-Catherine Goffinet.
