De Wever monte au créneau: "Si j'avais interrompu mes vacances, cela aurait mis fin à la guerre? C'est dangereux de dire ça"
Le Premier ministre Bart De Wever s'est défendu mardi à la Chambre des "procès d'intention" qui lui ont été faits à propos de la situation dans la Bande de Gaza.

- Publié le 16-09-2025 à 11h21
- Mis à jour le 16-09-2025 à 11h38
"Je crois que les Palestiniens ont droit à leur propre État et à vivre en paix en coexistence avec Israël. Et les procès d'intention qui m'accusent d'indifférence, je ne vais pas les oublier, ce sont des mots qui pèsent lourd", a-t-il affirmé.
Après des tractations politiques longues et compliquées, le gouvernement a adopté une position sur la guerre en cours à l'approche de l'assemblée générale des Nations unies. Une échéance était particulièrement importante: début septembre, la Belgique devait déterminer si elle adhérait à la Déclaration de New York en vue d'une solution à deux États portée par la France et l'Arabie saoudite.
Le Premier ministre s'est vu reprocher de ne pas avoir interrompu ses vacances en Afrique du Sud pour venir au parlement, alors que la situation politique était tendue dans la majorité et que la mobilisation citoyenne battait son plein.
"On a respecté le deadline. Est-ce que, si j'avais interrompu mes vacances, cela aurait mis fin à la guerre? C'est dangereux de dire ça", a fait remarquer M. De Wever.
Qui plus est, il avait été convenu en comité restreint que le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, porterait la parole du gouvernement devant les députés.
Selon M. De Wever, il n'y a pas d'ambiguïté dans son chef: dès sa visite au président français Emmanuel Macron au printemps, il l'a assuré du soutien de la Belgique à la déclaration de New York, et il s'est employé à convaincre ses homologues néerlandais et allemand d'adopter la même attitude.
Le chef du gouvernement a confirmé les conditions mises à une reconnaissance de la Palestine, un point sur lequel la majorité se déchirait entre le MR et la N-VA d'un côté et les Engagés, Vooruit et le CD&V de l'autre. "Le gouvernement a coupé la poire en deux", a-t-il reconnu.
Pendant que le débat politique battait son plein, la Belgique a poursuivi son action humanitaire par l'acheminement d'aide à la population et par l'exfiltration de blessés, a encore rappelé M. De Wever. "Au pro rata, nous devons être le premier pays dans le monde. Cela représente quelque chose pour les gens sur le terrain, c'est cela qui devrait nous guider, plus que ce que nous ressentons ici".
Le débat a parfois été vif. Le ton est monté entre Benoît Lutgen (Les Engagés) et Raoul Hedebouw (PTB). L'opposition de gauche juge insuffisant le compromis auquel a abouti le gouvernement alors que, dans la majorité, tant les Engagés que Vooruit ont estimé que la Belgique avait pris une position en pointe dans le concert européen. "Une position équilibrée", a souligné pour sa part Denis Ducarme (MR).
Ces dernières semaines, le débat sur ce dossier a aussi enflammé le MR. Plusieurs députés ont dit ne pas se retrouver dans la position prise par leur président de parti, Georges-Louis Bouchez. Le Montois n'a pas manqué d'être évoqué mardi. Tant pour Ecolo que le PS, les déclarations du président libéral imposaient au Premier ministre de venir à la Chambre pour y donner la version du gouvernement. "Qui s'est précipité sur une chaîne israélienne pour torpiller l'accord? C'est le président d'un parti de votre majorité", a lancé Rajae Maouane (Ecolo-Groen). "Quand votre copain de Walibi dit autre chose que votre gouvernement, vous devez venir au parlement porter la parole du gouvernement", a renchéri Lydia Mutyebele (PS).
