Entre urgence et écologie, comment recycler la montagne de déchets formée par les eaux ?
- Publié le 19-07-2021 à 19h44
- Mis à jour le 19-07-2021 à 20h09

Rien que pour la ville de Liège, un rapide calcul témoigne de l'ampleur des déchets à évacuer. Selon Gilles Foret (MR), échevin en charge de la Propreté, il faut compter entre 5 et 10 mètres cubes à évacuer dans pas moins de 6 000 habitations. Un véritable défi à relever pour les collectivités.
L'urgence de l'évacuation des déchets
L'objectif prioritaire est de dégager les voiries. Maxime Degey, échevin à la Ville de Verviers, témoigne : "On ne sait toujours pas accéder à certaines rues, même à pied. L'urgence, c'est de dégager les gens. Il faut absolument éviter d'ajouter du drame au drame." Par ailleurs, les monticules de détritus mêlés d'alluvions boueux "menacent de créer un problème de salubrité".
Mais l'urgence de l'évacuation bute sur les infrastructures publiques. Pour Intradel, l'intercommunale en charge de la gestion des déchets à Liège, le plan catastrophe est complètement dépassé. "Plus d'une vingtaine de communes gérées par l'intercommunale sont touchées par un événement ultra-exceptionnel", explique Jean-Jacques de Paoli, le porte-parole de l'intercommunale.
Dans cette situation exceptionnelle, il a d'ailleurs fallu prendre des mesures exceptionnelles. Dans les parcs de recyclage, le quota de 2 mètres cubes de déchets délestables quotidiennement par citoyen a été abrogé pour une durée de deux semaines.
La priorité étant l'évacuation la plus rapide des déchets, les conteneurs utilisés dans les centres de tri sont cependant arrivés rapidement à saturation. Quelques camions ont même dû procéder à l'enfouissement de leur chargement.
Des zones tampons pour les déchets
Afin de concilier l'urgence du déblaiement avec un souci de recyclage, des zones tampons ont été établies pour stocker provisoirement les déchets en attendant leur tri. Maxime Degey témoigne : "Face à l'embouteillage des déchets, nous avons dû déployer des décharges à ciel ouvert provisoires, comme des cours d'école, au plus proche des zones sinistrées." À Liège, c'est une bretelle d'autoroute désaffectée (l'A601) qui a été réquisitionnée.
Les préoccupations écologiques ne sont pas en reste malgré l'urgence de la situation. L'objectif de ces zones de versage "tampons" est de permettre de stocker des déchets en attendant que les centres de tri ne soient plus à saturation. Un premier tri est effectué à même les rues : la sécurité publique enjoint en effet d'extraire les bonbonnes de gaz ainsi que les produits dangereux de tous ces amoncellements lugubres.
Des centres agréés pour les autos
Quant aux voitures échouées après leur ballet au milieu de la force des éléments, elles seront évacuées par des entreprises privées. Catherine Lenaerts, directrice de l'organisation de la gestion des véhicules hors d'usage (Febelauto), insiste sur l'importance de déposer les carcasses dans un des 120 centres agréés par la Région wallonne.
Les véhicules pourront y être "dépollués, vidés de leurs fluides toxiques" mais surtout "recyclés à plus de 97 %". Si les parties électroniques des véhicules sont irrécupérables, ce n'est pas le cas des plastiques et autres pièces métalliques.
Contrairement aux centres de tri des déchets, "il n'y a pas de saturation dans les centres agréés". Mme Lenaerts rappelle qu'il est important de déposer les véhicules détruits dans l'un de ces centres. Et ce dans l'optique de joindre à l'effort collectif une dimension écologique importante.