Après les inondations, comment sont menées les recherches ? On reste sans nouvelles d'une septantaine de personnes
Combien de victimes les intempéries ont-elles emportées ? Combien de corps gisent encore dans les débris ou prisonniers de l'eau, dans un détour de l'Ourthe, de la Vesdre ou de la Hoëgne ?

- Publié le 19-07-2021 à 19h54
- Mis à jour le 19-07-2021 à 23h48

On est encore loin de connaître le bilan humain final du cataclysme météorologique qui a dévasté le sud de la Belgique. Mais cinq jours plus tard, une réalité, cruelle, s'impose : les chances sont très minces de retrouver des survivants dans les décombres. Dimanche soir déjà, dans le journal télévisé de la VRT, Alain Remue, patron de la Cellule des personnes disparues de la police fédérale, n'éludait pas : "Les recherches vont désormais s'orienter vers la recherche de corps."
Mais qui chercher ? Où chercher ? Comment chercher les victimes ? Le Centre de crise fédéral comptabilisait lundi midi 31 personnes officiellement décédées - 19 corps ont déjà pu être identifiés par le service d'identification des victimes (le DVI) de la police fédérale - alors que 127 personnes, injoignables, étaient présumées disparues.
Le décompte des morts de cette tragédie sans précédent est toujours provisoire. La zone concernée par les inondations est immense, couvrant la province de Liège et une large part de celles de Namur et de Luxembourg. Le courant a transporté des corps sur des kilomètres et les a sans doute démembrés, relève le commissaire général Marc De Mesmaeker
Cela ne signifie pas toujours le pire
Dans ce contexte inédit, où l'accès à de nombreux endroits reste dangereux, la police fédérale a entamé lundi une phase de recherche structurée des victimes, en commençant à Pepinster et dans le camping d'Esneux, en province de Liège, deux endroits où de nombreuses possibles victimes étaient recensées. D'autres lieux seront déterminés dans les prochains jours. Avec l'appui de chiens pisteurs, l'équipe du DVI (25 personnes) intervient avec le renfort de 50 autres policiers (assistants, labo…) et de 25 personnes d'autres disciplines (médecins, odontologues, protection civile).
Poursuivre les recherches sur le terrain, identifier les corps, tout en mettant à jour la liste des potentiels disparus, c'est le triple défi, colossal, à relever. Si des citoyens n'ont plus donné signe de vie depuis que les éléments se sont déchaînés, cela ne signifie pas forcément le pire. Beaucoup ont perdu leur téléphone ou n'ont pas pu le recharger parce qu'ils sont toujours sans électricité. D'autres ont été hospitalisés (54 le sont toujours, sur un total de 210 patients) sans leurs papiers d'identité ou n'ont pas encore été en mesure de rassurer leurs proches. En revanche, certains ont retrouvé une maman, une sœur, un voisin, en omettant de "désignaler" la disparition très momentanée.
Lundi soir, le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), annonçait ainsi que les autorités avaient pu reprendre contact, au cours des dernières heures, avec une cinquantaine de personnes dont on était sans nouvelles, ramenant le bilan provisoire à 31 morts et quelque 70 disparus. Mais c'est sans (pouvoir) compter ceux qui - sans abri, sans papiers, personnes sans aucun lien social… - ont été engloutis par les flots dans l'anonymat.
Le macabre décompte devrait s'alourdir dans les jours qui viennent.